Anne Vallery-Radot = Rubriques

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STUPEUR ET TREMBLEMENT:LE CODE D'HONNEUR JAPONAIS

 

 

 

Stupeur et tremblement 2003

 

C'est un film français d’Alain Corneau , le réalisateur situe son

intrigue dans l'univers fermé des bureaux japonais si bien décrit par

Amélie Nothomb dans ce roman du même nom qu'elle a écrit 

après les humiliations de sa vie professionnelle au japon.

L'humiliation est un thème que Corneau reprendra dans

"Crime d'amour".

Amélie Nothomb ,comme à son habitude,tourne avec adresse et

dérision le drame vécu qui frôle le ridicule et serait grotesque s'il

n'était pas subtile . 

 

 

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Ce roman expose le système japonais du monde du travail, qui

consiste à réclamer la perfection des employés, mais également

à mettre à l’écart et frapper d’ostracisme, sans toutefois les

licencier, les éléments déviants. Un exemple (sans la maltraitance

subie par Amélie) est le madogiwa « coin de fenêtre », employé

pour un salarié jugé inutile qu’on affecte à un bureau isolé,

idéalement près d’une fenêtre, et à qui on ne confie plus aucune

tâche jusqu’à ce qu’il démissionne ou prenne sa retraite.

Proche finalement peut-être du « placard » français.

 

 

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 Amélie ( Sylvie Testud ) , une jeune femme belge, vient de terminer ses études

universitaires.

Sa connaissance parfaite du japonais, langue qu'elle maîtrise pour y avoir vécu

étant plus jeune, lui permet de décrocher un contrat d'un an dans une

prestigieuse entreprise de l'empire du soleil levant, la compagnie Yumimoto.

 

« Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur

de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma 

supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne.

On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori,

qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision

que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques.

Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde. »

 

 

Fascinée par la hiérarchie d'entreprise japonaise, précise et méthodique,

la jeune femme l'est d'autant plus par sa supérieure directe, l'intrigante et fière

Mademoiselle Fubuki Mori (Kaori Tsuji )

 

 

 

             

 

 

 Amélie va accumuler les erreurs, principalement par ignorance - ou oubli -

de certains codes essentiels, dont celui - et pas le moindre chez les Japonais -

de l'honneur. Sa déchéance au sein de la société l'entraînera vers les niveaux

les plus bas de l'entreprise mais, résolue à honorer son contrat d'un an,

elle mènera avec courage jusqu'au bout cette expérience traumatisante

dont elle tirera tous les enseignements qui la propulseront plus tard sur

une autre voie, celle des succès littéraires

 

 

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"Je me conduirais comme une nippone l'eût fait" écrit-elle.

Ce qui en soit constituait déjà une énorme faute, l'occidentale qu'elle

incarnait ne pouvant atteindre le niveau des Japonais... 

 

 

 

ANNE VR (-_-)xxx

 



29/06/2016
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