ANNE VALLERY-RADOT RUBRIQUES ARTS & CINÉ

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DAVID, LE PEINTRE DE NAPOLÉON I ER

 

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Détail 

En septembre 1805, David a déjà réalisé une esquisse du portrait de Napoléon, sans doute la première œuvre étudiée de l'empereur,conservée aujourd’hui au Palais des Beaux-Arts de Lille.

Ce portrait est achevé le 3 juin 1806. Le 2 juillet, il est apporté au palais de Saint-Cloud pour être présenté à l’Empereur qui le refuse, déclarant même que « c’est un portrait si mauvais, tellement rempli de défauts, que je ne l’accepte point et ne veux l’envoyer dans aucune ville, surtout en Italie, où ce serait donner une bien mauvaise idée de notre école ». 

 


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Jacques-Louis David est un peintre néo-classique français né le  à Paris au 2 quai de la Mégisserie, dans une famille de la petite bourgeoisie. Son père, Louis-Maurice David, est marchand-mercier de fers en gros à Paris. 

David est mort le  à Bruxelles.

 

En 1764, après avoir appris le dessin à l’Académie de Saint-Luc, David est mis en relation par sa famille avec François Boucher, premier peintre du roi, afin d’être formé au métier de peintre.

Boucher étant malade et trop âgé pour enseigner (il meurt en 1770), celui-ci estime qu'il pourrait tirer un meilleur bénéfice de l’apprentissage des nouvelles tendances picturales que peut lui apporter Joseph-Marie Vien, artiste dont le style antiquisant n’est pas encore exempt d’inspirations galantes.

 

 

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La première peinture attribuée à David, découverte en 1911 par Saunier, est "Jupiter et Antiope " (avant 1770), et montre l'influence qu'a eu Boucher sur David .

Ce style marque encore l'enseignement rococo de cette fin du XVIII ème siècle, et imprègne la peinture de David quand il concourt pour le prix de Rome.

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Ses trois premiers travaux "combat de Mars contre Minerve", "Diane et Apollon perçant de leurs flèches les enfants de Niobé "et" la Mort de Sénèque" combinent à la fois l'influence de Boucher, et de Doyen. Il est difficile de déduire à partir de ces toiles, l'évolution vers la rigueur antique qui caractérisera David, tant elles sont marquées par l'esthétique rococo, avec une palette vive, voire criarde, et une composition grandiloquente.

 

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En 1766, entré à l’atelier de Vien, mais encore influencé par l’esthétique de Boucher, David commence à étudier l’art à l’Académie royale, dont l’enseignement devait permettre aux élèves de concourir pour le Prix de Rome

En 1774, il gagne finalement le premier prix de Rome, qui lui permet de séjourner pendant quatre ans au palais Mancini, alors résidence de l’Académie de France à Rome avec "Érasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochius" 

 

 

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 "Érasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochius" (Paris, École nationale supérieure des beaux-arts), est conforme au nouveau canon de la composition dramatique.

 

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Il réalise en 1776 un grand dessin, "Les Combats de Diomède" (Vienne Graphische Sammlung Albertina), qui représente un de ses premiers essais dans le genre historique,

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Essai qu’il concrétise deux ans plus tard avec "Les Funérailles de Patrocle (Dublin, National Gallery of Ireland), une étude de grandes dimensions peinte à l’huile, destinée à la commission de l’Académie des beaux-arts, qui était chargée d’évaluer les envois des pensionnaires de Rome.

 


 

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Il peint aussi plusieurs tableaux dans un style emprunté au caravagisme : deux académies d’homme, l’une intitulée "Hector "(1778) et la seconde dite "Patrocle" (1780).

 

 

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Formé à l'Académie royale de peinture et de sculpture, il devient en 1784 un peintre renommé avec "le Serment des Horaces".

Membre de l'Académie royale, il combat cette institution sous la Révolution et entame en parallèle à sa carrière artistique une activité politique en devenant député à la Convention et organisateur des fêtes révolutionnaires.

 

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Son engagement l'amène à voter la mort du roi Louis XVI, et son soutien pour Maximilien de Robespierre lui vaudra, à la chute de celui-ci, d'être emprisonné lors de la réaction thermidorienne.

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Pour "Marat Assassiné" David s'inspire de la Mise au tombeau du Caravage

Le tableau est redécouvert par Baudelaire en 1846 lors de l'exposition du Bazar Bonne-Nouvelle. En plein essor du mouvement réaliste il écrit :

 

 

« Tous ces détails sont historiques et réels comme un roman de Balzac; le drame est là vivant dans toute sa lamentable horreur, et par un tour de force étrange qui fait de cette peinture le chef-d'œuvre de David et une grande curiosité de l'art moderne, elle n'a rien de trivial ni d'ignoble


 

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David "Bonaparte"

 

David trouve son héros avec Bonaparte, auquel il vouera jusqu'à sa mort, comme beaucoup d'autres Jacobins, une fidèle admiration.

David rencontre le général vers 1797, souhaitant faire son portrait, après leur première rencontre, il dira à ses élèves : « Quelle belle tête il a ! C'est pur, c'est grand, c'est beau comme l'antique ! [...] C'est un homme auquel on aurait élevé des autels dans l'antiquité [...]. Bonaparte est mon héros. » Delécluze

 

 

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Détail 

 

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Les activités politiques de David prennent fin sous le Directoire, il devient membre de l'Institut et se prend d'admiration pour Napoléon Bonaparte. Il se met à son service quand celui-ci accède au pouvoir.

 

 

Napoléon Bonaparte devient le premier Empereur des Français du  au et du  au , sous le nom de Napoléon 1er.

 

 

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Le , David est nommé chevalier de la Légion d’honneur et est décoré le  de l’année suivante.

En octobre 1804, David reçoit de Bonaparte devenu empereur sous le nom de Napoléon 1er, la commande de quatre tableaux de cérémonie : Le CouronnementLa Distribution des AiglesL’Intronisation et l’Arrivée à l’hôtel de ville.

Peu après la cérémonie L'empereur investit david dans la fonction de « Premier peintre », mais sans disposer des mêmes attributions liées à ce titre que Charles Le Brun auprès de louis XIV. En fait, depuis 1802, l’administration des arts était confiée à la seule charge de Dominique Vivant Denon.

 

 

Le sacre de Napoléon a lieu le 2 décembre 1804.

David dispose d'une loge à Notre-Dame d'où il peut suivre les épisodes et les détails de la cérémonie du sacre. Il y prend des croquis, et réalise Le Sacre de Napoléon en trois ans. Il a relaté lui-même comment il opéra :

 

 

<<J'y dessinai l'ensemble d'après nature, et je fis séparément tous les groupes principaux. Je fis des notes pour ce que je n'eus pas le temps de dessiner, ainsi on peut croire, en voyant le tableau, avoir assisté à la cérémonie. Chacun occupe la place qui lui convient, il est revêtu des habillements de sa dignité. On s'empressa de venir se faire peindre dans ce tableau, qui contient plus de deux cents figures.>>

 

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Capture d’écran 2021-05-13 à 16.18.51.pngJoséphine de Beauharnais (1763-1814), agenouillée, reçoit la couronne des mains de son mari.

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Avec Le Sacre de Napoléon conçu comme une grande galerie de portraits, David contribue à la vogue du style Empire. Ce style à l'origine décoratif et architectural, désigne en peinture principalement les œuvres officielles réalisées pour le régime napoléonien.

 

 

 

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Sous la Restauration, son passé de révolutionnaire régicide et d'artiste impérial vaut à David d'être exilé. Il se réfugie à Bruxelles et continue jusqu'à sa mort en 1825 son activité artistique. 

Son œuvre est exposée dans la plupart des musées d'Europe et aux États-Unis, et pour une grande partie au musée du Louvre. Elle est constituée principalement de tableaux d'histoire et de portraits. Il fut un maître pour deux générations d’artistes, venues de toute l’Europe pour se former dans son atelier qui, à son apogée, comptait une quarantaine d’élèves, dont Girodet, Gérard, Gros et Ingres furent les plus réputés. 

Jacques -Louis David fut l’un des artistes les plus admirés, enviés et honnis de son temps, autant pour ses engagements politiques que pour ses choix esthétiques. Par le passé, rarement un artiste a épousé à ce point les grandes causes de son temps en mêlant intimement art et politique. On ne peur comprendre son oeuvre sans tenir compte du contexte de la Révolution et de l'ère Napoléonienne .

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Jacques-Louis David a opéré une rupture avec le style galant et libertin de la peinture rococo représentée à l'époque par François Boucher et Carl Van Loo, et il a revendiqué l’héritage du classicisme de Nicolas Poussin et des idéaux esthétiques grecs et romains, en cherchant, selon sa propre formule, à « régénérer les arts en développant une peinture que les classiques grecs et romains auraient sans hésiter pu prendre pour la leur ». 

David est le représentant principal d'un classicisme révolutionnaire, le chef de file du mouvement néo-classique dont il représente le style pictural. 

 ANNE VR(-_-)XXX



12/05/2021
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