Anne Vallery-Radot = Rubriques

Anne Vallery-Radot = Rubriques

LES IMPRESSIONNISTES PREMIÈRE PARTIE : BOUDIN /MONET /SISLEY

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Les Impressionnistes

En 1863, l'empereur Napoléon III décrète la tenue d'un "Salon des Refusés"

 regroupant les œuvres n'ayant pu être présentées au salon de Paris.

C'est là qu'est présenté" leDéjeuner sur l'herbe" de Manet, qui fait scandale,

car il représente une femme nue dans un contexte contemporain

(les nus féminins mythologiques ou allégoriques sont légion dans la peinture

de l'époque). Les critiques sont très violentes, une grande partie du public

se déplace uniquement pour se moquer des œuvres exposées. Pourtant,

les visiteurs des "Refusés "sont plus nombreux cette année-là que ceux du

véritable Salon.

En effet la peinture impressionniste refuse de se conformer aux pratiques

traditionnelles du clair-obscur .

Jusqu'au début du xix e siècle, l'art pictural officiel en France est

dominé par l'Académie royale de peinture et de sculpture, qui fixe,

depuis sa création sous le règne de Louis XIV, les règles du bon goût,

aussi bien pour les thèmes des tableaux que pour les techniques

employées. 

 

Avec l'invention du tube de peinture souple par l'industrie à partir de la

moitié du xix e siècle, de jeunes peintres parisiens sortent des ateliers

pour peindre en plein air et pour saisir l'instant, la lumière.

Les impressionnistes sur le conseil de Monet et à l'exemple de Boudin

qui travaille déjà sur le motif (plage en Normandie ,1865 ) se tournent 

donc vers la peinture en plein air ;Manet et Degas ne dépassent guère

l'évocation des jardins publics et des champs de courses (Degas

"chevaux de courses devant les tribunes" 1869/72).

Mais les impressionnistes purs découvrent dans l'étude des variations

de la lumière et de la fluidité de l'atmosphère leur véritable vocation.

La lumière est toujours le sujet principal du tableau .Monet ira jusqu'à

peindre plusieurs fois le même motif sous des éclairages différents .

Tous ont pressenti l'importance primordiale de la coloration diffuse des

ombres et la transformation du ton local par l'incessante interaction des

couleurs les unes sur les autres . 

 

 

Le développement de la technique photographique à la même époque

remet en cause ce qui jusqu'alors avait été l'une des fonctions principales

de l'art, la représentation fidèle de la réalité, amenant les impressionnistes

à explorer d’autres sujets et d’autres façons de peindre qui privilégient la

vision de l'artiste, son impression face au réel et non sa description du réel

Devant les refus successifs, en 1867 et 1872, d'organiser un autre salon des

Refusés, un groupe d'artistes parmi lesquels Monet, Renoir, Pissarro, Sisley,

Cézanne,Berthe Morisot et Edgar Degas décident de constituer" la Société

anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs" en avril 1874 pour

organiser leur propre exposition, dans l'atelier du photographe Nadar.

Regroupant les œuvres de trente-neuf artistes, parmi lesquels le précurseur

 Eugène Boudin dont l'exemple persuada Monet de tenter de peindre

« sur le motif » en plein air , l'exposition est la première des huit qui auront

lieu entre 1874 et 1886.

 

 

 

Le terme d’« impressionnisme » vient d’un article du critique d’art Louis

Leroy, paru dans le journal quotidien le Charivari en date du 25 avril 1874,

et intitulé : « L’exposition des impressionnistes ». Moqueur, Leroy y raconte

sa visite dans l’atelier parisien du photographe Nadar, boulevard des

Capucines, où une « Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs,

graveurs, etc. » présente pendant un mois plus de cent cinquante œuvres.

Le critique s’acharne sur un tableau de Claude Monet, peint en 1872, et

intitulé Impression, soleil levant : « Je me disais aussi, puisque je suis

impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans… »

 

Monet "Impression soleil levant"

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Ce surnom encombrant d’« impressionnistes », Monet et ses amis de la

Société anonyme vont non seulement l’accepter, mais le reprendre,

dès 1877, à l’occasion de nouvelles manifestations qu’ils organisent.

Ainsi, au total, huit expositions se succèdent à Paris, de 1874 à 1886 :

chacune présente une approche nouvelle de la couleur et de la lumière,

à travers une sensibilité de l’instant ; chacune est une étape vers la

naissance de l’art moderne.

 

Monet "Impression soleil levant "

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Le XIXe siècle voit donc  l’émergence d’un genre pictural nouveau :

le paysage en plein air. Cette révolution picturale, née en Angleterre,

va se propager sur le continent dès les années 1820 et la Normandie

devenir, pendant un siècle, la destination préférée des peintres d’avant

-garde. 

 Pour attirer les artistes, la Normandie dispose de sérieux atouts :

 la beauté et la diversité de ses paysages ; la richesse de son

patrimoine architectural ; la mode des bains de mer qui draine

une clientèle fortunée ; la facilité d’accès par bateau ou par

diligence, puis par le train ; sa situation à mi-chemin entre

Londres et Paris, les deux capitales artistiques de l’époque.

 

 

 

Eugène Boudin 1824/1898

 Honfleur 

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Eugène-Louis Boudin  peintre français, né à Honfleur  

fut l'un des premiers peintres français à saisir les paysages 

à l'extérieur d'un atelier. Grand peintre de marines, il est

considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme.

 

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Honfleur

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"Je ferai autre chose, mais je serai toujours le peintre des plages".

Lorsqu' il écrit ces mots, en 1865, Boudin est loin d´être un artiste

reconnu. 

Au contraire, ses plages choquent par leur « modernité »,

chère à Baudelaire. Un siècle et demi plus tard, elles n´ont rien perdu

de leur fraîcheur ni de leur liberté.

 
 
 
 
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Eugène Boudin 

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Boudin se fait remarquer pour ses atmosphères et ses pastels originaux,

et reçoit conseils et hommages du poète Charles Baudelaire rencontré

la même année alors qu'il est en villégiature chez sa mère.

L'importance que Boudin attribuait au travail en plein air et <<aux états 

de l'atmosphère selon le lieu l'heure et le vent >>  ( Baudelaire )

explique l'influence qu'il exerça sur le jeune Monet et à travers lui sur

l'impressionnisme naissant ;<< c'est moins ce monde que l'élément

qui l'enveloppe que nous reproduisons>> 

Il se lie également d'amitié avec Gustave Courbet qui, ayant remarqué

une peinture de Boudin chez un commerçant parisien, chercha à rencontrer

son auteur: <<vous êtes un séraphin il n'y a que vous qui connaissiez le

ciel>> (Courbet) .

<< vous êtes le Roi du ciel >> ( Corot )

Il rencontre aussi le peintre hollandais Johan Barthold Jongkind 

et surtout Claude Monet qu'Eugène Boudin initiera à la peinture en plein-air,

notamment lors des séjours à la ferme Saint-Siméon à Honfleur où se

retrouvent régulièrement de nombreux peintres parisiens et normands.

Monet dira de lui "Si je suis devenu peintre, c'est à Boudin que je le dois"

car son maître et ami lui apprend "à voir et à comprendre".

Boudin parvient à vivre de son travail de peintre. La critique le remarque et

Zola lui-même, défenseur de Claude Monet, est élogieux à son égard.

En 1874, il participe à la première exposition « impressionniste », qui se

tient à Paris dans les studios du photographe Félix Nadar. Par la suite,

les expositions impressionnistes se tiendront dans les locaux du marchand

d'art Paul Durand-Ruel

L’aisance financière lui permet de voyager en Belgique, aux Pays-Bas et en

Italie. Il expose régulièrement à Paris.

En 1886,  Paul Durand-Ruel (1831-1922) organise à New York une exposition

destinée à faire connaître les impressionnistes aux États-Unis.

Plusieurs toiles de Boudin sont sélectionnées.

le dernier tableau ,à droite :"Les Lamaneurs "

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Lors de l’exposition universelle de Paris en 1889, ses tableaux Les lamaneurs

 et Coucher de soleil obtiennent la médaille d’or. 

 

 

 

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Deauville -Trouville 

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Venise 1895

 

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 Claude Monet 1840/1926

 

 La Pie de Monet

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La neige, enfin, constitue un motif de choix pour tous les impressionnistes.

Pour Monet, les rigueurs de l’hiver offrent un spectacle à la fois mélancolique

et grandiose, en particulier en 1880 lorsqu’à la suite du dégel, la carapace de

glace de la Seine se rompt brusquement. « Nous avons eu ici une débâcle

terrible et naturellement j’ai essayé d’en faire quelque chose. », écrit l’artiste

dans une lettre, annonçant plusieurs tableaux sur le thème des « Glaçons »

qui sont autant de prétextes pour mêler le liquide et le solide, les tons de

l’eau et ceux du ciel.

 

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 Né sous le nom d'Oscar-Claude Monet,  rue Laffitte à Paris

, il grandit au Havre et est particulièrement assidu au dessin.

À 18 ans, Monet fait la connaissance du peintre paysagiste Eugène

Boudin qui l'incite à peindre. Un premier tableau de paysage est

présenté à l'exposition municipale du Havre.

Monet décide de devenir peintre.

Monet commence sa carrière d'artiste en réalisant des portraits

à charge des notables de la ville.

 

Claude Monet

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Sur la demande de sa tante, qui le soutient financièrement, Monet

poursuit sa formation artistique à l'atelier de Charles Gleyre à Paris,

où sont également inscrits ses futurs compagnons impressionnistes

Pierre-Auguste Renoir, Frédéric Bazille et Alfred Sisley.

 

En dehors des études à l'atelier de Charles Gleyre, Monet et Bazille

vont peindre en plein air dans la forêt de Fontainebleau et sur la côte

normande.

 

 

L'atelier de Bazille 

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Le peintre Bazille s'installe à Paris où il s'inscrit à l'atelier du peintre Charles

Gleyre sous les conseils de son cousin peintre Eugène Castelnau.

Dès lors, il sera peintre. Dans cet atelier il rencontre Claude Monet puis

 Auguste Renoir. Très vite, un groupe se forme qui intègre Edgar Degas

Alfred SisleyÉdouard ManetBerthe Morisot,Paul CézanneCamille

PissarroÉmile ZolaPaul Verlaine...

Plus favorisé qu'eux, il partage ses divers ateliers avec Renoir et Monet

dès 1865. À partir de 1866, il est présent au Salon de peinture de Paris,

sans grand succès.

 

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Monet, Renoir, Bazille et Sisley vivent une première émancipation.

L’école privée qu’ils fréquentent depuis le début des années 1860,

tenue par le peintre et professeur à l’École des Beaux-Arts Charles

Gleyre, va fermer. Monet, bientôt imité par ses camarades,

en profite pour abandonner un apprentissage qui lui paraît décalé

avec son idéal artistique. L’hospitalité de Bazillle, le moins

impécunieux d’entre eux et qui possède un vaste atelier,

leur permet d’affronter cette période difficile tout en continuant

de travailler.

En 1866 Claude Monet peint La Femme en robe verte représentant

Camille Doncieux, alors âgée de 19 ans, qui deviendra sa femme en

1870.

Cette toile fut achevée en 4 jours seulement par Claude Monet.

 

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Le jury du Salon refuse à nouveau les toiles de Monet.

Il expose une marine très controversée dans la vitrine du marchand

de peinture Latouche. Avec Renoir, il peint à la Grenouillère,

une guinguette moderne près de Paris. C'est ici qu'ils développent le

langage pictural de l'impressionnisme avec des coups de pinceaux

brefs et libres représentant la lumière tremblotante sur l'eau.

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À gauche Renoir ,à droite Monet 

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En 1971 Durand-Ruel achète pour la première fois des tableaux de Monet.

La famille se rend en Hollande et passe l'été à Zaandam.

À la fin de l'année, Monet emménage à Argenteuil avec sa famille

et loue une maison avec atelier près de la Seine (1872/78)

 

 

Régates à Argenteuil

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1876 Camille Monet en costume japonais 

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Une fois de plus, Monet a des soucis d'argent. Les revenus de la vente

de ses tableaux ont baissé et ne peuvent couvrir les besoins croissants

de la famille. Monet obtient entre autres le soutien du collectionneur

Ernest Hoschedé, qui lui permet de travailler de juillet à décembre dans

son château de Rottembourg à Montgeron. On ne sait avec certitude

si Monet a, déjà à cette époque, une liaison avec Alice, l'épouse d'Ernest

Hoschedé qu'il épousera 13 ans après la mort de Camille.

 

 

 

Les Coquelicots à Argenteuil (Camille et son fils Jean)

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"Jean Monet sur son cheval à bascule"

"Promenade"  (Camille Monet )

" Michel Monet au pompon "(Le deuxième fils )

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Camille et son fils Jean 

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Une deuxième grossesse affaiblit la santé de Camille. Cette année-là,

Monet travaille plus souvent à Paris et ne compose que peu de tableaux

à Argenteuil.

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Il ne peint aussi qu'une seule fois Camille cette année là

dans le tableau Camille au bouquet de violettes , la dernière

toile la représentant vivante.

Son second fils, Michel Monet, naît le 17 mars. À la fin de l'été,

la famille emménage à Vétheuil, une petite localité au bord de la Seine

près de Paris. Ils partagent la maison avec leurs amis Hoschedé qui ont

fait faillite.

Le 5 septembre 1879, Camille Doncieux meurt à l'âge de 32 ans d'un cancer

gynécologique. Monet la peint une ultime fois dans le tableau Camille sur

son lit de mort.

 

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Après la mort de Camille, Monet et ses deux fils continuent de vivre

avec Alice Hoschedé et ses enfants. En 1883, ils louent une maison

à Giverny où Monet habitera jusqu'à la fin de sa vie. Il se consacre

de plus en plus à son sujet de prédilection, son jardin aujourd'hui

célèbre : en 1897, il peint ses premières toiles de nymphéas.

En 1890, il achète la maison de Giverny et épouse Alice Hoschedé

deux ans plus tard.

 

Claude Monet

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" Alice au Jardin "

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 À partir de 1890, Monet se consacre à des séries de peintures, c'est-à-dire

qu'il peint le même motif à différentes heures de la journée, à diverses

saisons.

Il peint alors parfois des dizaines de toiles en parallèle, changeant en

fonction de l'effet présent. Il commence par les Meules, puis réalise 

Les Peupliers, la Série de la  Cathédrale de Rouen, celle du Parlement

de Londres ,celle de la gare st Lazare et Les Nymphéas de son jardin,

qu'il décline en grand format pour peindre les grandes décorations. 

 

 

 

"Les Meules "1890 

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"Les peupliers" 1890

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"La Cathédrale de Rouen "1893/94

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"Le parlement de Londres" 1901/1904

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"La Gare Saint Lazare "

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 "Les Nymphéas "1901/1904 

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 Claude Monet par Nadar en 1899

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Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar, est un photographe français né en

1820 et mort en 1910. Il restera dans l’histoire comme photographe du

"tout-Paris" de la deuxième moitié du 19eme. 
Alors que l’accès à la photographie se démocratise, il oppose son

approche artistique et psychologique du portrait à la photographie

pousse-bouton des simples "opérateurs".

 

Nadar

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<<La théorie photographique s’apprend en une heure ; les premières notions

de pratique, en une journée... Ce qui ne s’apprend pas, je vais vous le dire :

c’est le sentiment de la lumière, c’est l’appréciation artistique des effets

produits par les jours divers et combinés…Ce qui s’apprend encore moins

c’est l’intelligence morale de votre sujet, c’est ce tact rapide qui vous met

en communication avec le modèle, et vous permet de donner, non pas...

une indifférente reproduction plastique à la portée du dernier servant de

laboratoire, mais la ressemblance la plus familière, la plus favorable, la

ressemblance intime. C’est le côté psychologique de la photographie,

le mot ne me semble pas trop ambitieux >>Nadar 

 

 

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"Le déjeuner sur l'herbe "

"Terrasse à Saint- Adresse "

"Bain à la Grenouillère" 

 

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"Mer agitée à Étretat "

"Le Manneporte à Étretat"

"Étretat sous la pluie "

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Autoportrait 1917

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Monet avec Alice Hoschedé sa deuxième femme 

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A  Venise 1908

 

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Retiré à Giverny ne faisant plus que de brèves apparitions à Paris,

Monet meurt en 1926 après avoir assisté au triomphe de

l'impressionnisme dont il avait été le maitre d'oeuvre .

 

 

 

 

 

 

 Alfred Sisley 1839/1899

 

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Sisley est un peintre britannique du mouvement impressionniste.

Dès ses débuts Sisley, comme Pissarro, se consacre essentiellement

aux paysages et aux représentations vivantes des rues villageoises

ou des cours d’eau parisiens.

Son sentiment poétique ,délicat et rêveur ,de la nature évoque 

Daubigny ,Lépine et Corot .Il adopte même de Corot le format 

presque carré de la toile ,les compositions en hauteur et ;à partir des

ocres ou des terres ,il obtient les mêmes harmonies claires et blondes . 

Il retrouve fréquemment Monet et Renoir pour travailler.

Les premières œuvres d’Alfred Sisley ont donc été influencées par le

réalisme de Courbet, Corot et Daubigny. Un critique d’art écrit à son

sujet, l’année de sa mort : « C’est Corot qui l’impressionne, le Corot

clair et argenté, à la fois léger et solide, toujours large, profond, infini,

le Corot rêveur, calme et précis… ».

Alfred,quatrième enfant de la famille est né  à Paris, le 30 octobre 1839, 

alors que ses frères et soeurs sont nés en Angleterre .

 

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En 1857 son père l'envoie à Londres faire des études commerciales

et parfaire son anglais. Sisley fréquente les musées.

La peinture de paysage en Angleterre est bien développée depuis le

début du siècle. Bonington (1802 – 1828), Constable (1776 – 1837),

Turner (1775 – 1851).Sisley s’éveille de plus en plus  à la peinture.

Baudelaire écrit  » Les Fleurs du Mal »  

1860 - De retour à Paris,Sisley persuade son père de le laisser apprendre

les rudiments de la peinture. Son père accepte, son avenir est-il tracé

dans le monde de l’Art ?. Sisley vit avec ses parents rue des Martyrs,

dans le 9ème arrondissement. Il assiste souvent aux concerts Pasdeloup

et apprécie Beethoven.  

1861 – Atelier Charles Gleyre (Chevilly 1806 – Paris 1874). Outre Sisley,

on compte parmi ses élèves Witsler, Claude Monet, Frédéric Bazille

et Auguste Renoir, ils vont devenir des amis inséparables. Charles

Gleyre encourage franchement les tendances artistiques de Monet,

Renoir et Sisley. Sisley est le premier de l’équipe à loger à l’auberge

Ganne à Barbizon. bientôt les autres jeunes peintres, fatigués de

l’enseignement trop académique  de Gleyre, se retrouveront en forêt

de Fontainebleau.                          

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1862 – Sisley peint à Chailly-en-Bière, Marlotte.  Avec Renoir, Bazille,

Monet, ce sont de joyeuses rencontres dans les auberges de la région.

le Cheval Blanc à Chailly-en-Bière, l’Auberge Ganne à Barbizon,

l’Auberge de la mère Antony à Marlotte.

 1863 –  Sisley séjourne chez le père Paillard à l’auberge du Cheval Blanc

à Chailly-en-Bière, où chez la mère Antony à Marlotte ,

mais il est très souvent à Paris.                                            

Manet peint « le déjeuner sur l’herbe ».                                                                                                  

Mort de Delacroix.

1864 – Il loue un atelier 31 avenue de Neuilly, dans ce qui était encore

un abord campagnard de Paris, il offre l’hospitalité à Renoir, trop

pauvre pour se procurer un local. Naissance de Toulouse-Lautrec.

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1865 – Avec Renoir ,Sisley s’installe à Marlotte, à l’auberge de la mère

Antony, Pissarro et Monet viennent les rejoindre. C’est durant ce

séjour que Sisley peint deux rues du village.

 

 

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1866 – Décès de sa mère ,Félicia Sisley ,à Neuilly le 17 aout 1866.

Sisley fait la connaissance d’Eugènie Lescouezec, compagne fidèle

et discrète.

Les deux tableaux de Marlotte sont acceptés en mai au salon,

au Palais des Champs-Elysées à Paris. Bazille et Berthe Morisot

y exposent également, et le portrait de « Camille » par Monet

y remporte un grand succès.

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1867 – Début juin, Sisley est à Honfleur. Il découvre avec joie les

ciels d’Eugène Boudin (1824 – 1898). Naissance de Pierre le 19 juin

à la Cité des fleurs à Paris.

 

 

 

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1869 – Naissance de Jeanne à la Cité des fleurs le 30 janvier.

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1870 – Sisley habite Cité des fleurs, il est tout près du Café

Guerbois, fréquenté par ses camarades de l’atelier Gleyre

et les anciens de l’académie Suisse: Pissarro, Cézanne,

Guillaumin, Manet, Zola, Nadar.

 

En mai: deux tableaux sont exposés au Salon.

 

1871 – Jacques, le petit dernier, naîtra rue Nollet, le 28 novembre.

Il décédera le 29 février 1872, en nourrice dans l’Orne à Etre-Chapelle.

1872 – Le 12 mars, Durand-Ruel achète un tableau de Sisley au

marchand de couleurs Louis Latouche, pour 200 Francs  « Effet de neige« .

Le peintre s’installe au 2 rue de la Princesse à Louveciennes. Il rencontre

Paul Durand-Ruel qui s’intéressera aux oeuvres de Sisley pendant de

longues années et lui achètera plusieurs tableaux chaque mois.

Paul-Marie-Joseph, Durand-Ruel (Paris 1831 – Paris 1922) a été le

premier à découvrir, comprendre, aider, défendre et faire connaitre

les peintres de l’Ecole Impressionniste, de 1870-1914, tant aux

Etats-Unis qu’en Europe et au Japon. 

En décembre, il peint les effets de la crue de la Seine sur les rives

de Port-Marly, « Le bac de l’ile de la loge« , réalisant les  premiers

tableaux d’inondation qui préludent ceux qu’il réalisera en 1876.

 

 

Il a peint également les mois précédent « La Grande Rue ,

Argenteuil; Boulevard Héloise, Argenteuil; Pont d’Argenteuil ».

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1873 – L’envoi de Sisley est de nouveau refusé au Salon.

A Louveciennes il peint « La Rue de la princesse » où apparait

sa demeure, « Chemin de la Machine« , « La machine de Marly« .

 

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Le 27 décembre, Sisley fonde avec Cézanne, Monet,

Berthe Morisot, Pissarro et Renoir, la Société anonyme

coopérative des artistes peintres, scripteurs, graveurs etc.

 

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1874 – Le 13 janvier vente aux enchères de la collection d’Ernest Hoschedé

( avec qui vit la famille Monet ) à l’Hôtel Drouot, négociant en tissus et

amateur d’art. Trois tableaux de Sisley « Route de Saint-Germain, près

de Bougival« , Le barrage de Marly« , « Vue de canal aux environs de Paris » 5

75, 520, 230 francs.

Du 15 avril au 15 mai six paysages (5 au catalogue) de Sisley figurent à la

première exposition Impressionniste de la Société anonyme fondée ,

l’année précédente, au 35  boulevard des Capucines à Paris dans l’atelier Nadar.

 

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De juillet à octobre il séjourne  d’abord à Londres grâce au

chanteur et collectionneur Jean-Baptiste Faure, il peint

« Vue de la Tamise- le pont de Charing Cross« , puis à

Hampton Court et East Molesey sur la Tamise,

« Pont de Hampton Court« , « Ecluses deMolesey« ,

« Régates à Hampton Court« 

 

 

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1875 – Le 24 mars à lieu à l’Hôtel Drouot une vente aux enchères

d’oeuvres impressionnistes, dont le catalogue est préfacé par

Philippe Burty, des tableaux de Sisley  de Monet, Berthe Morisot,

Renoir et Pissarro. Vingt de ses toiles sont vendues pour 2455

francs. Durand-Ruel en achète douze.

 

 

 

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Mort de Corot et Millet.

1876 – En mars , la Seine est de nouveau en crue, Sisley peint

des vues de Port-Marly inondé « La Barque pendant l’inondation« ,

« Inondation à Port-Marly« , »Après l’inondation ».

 

 

 

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Le 5 novembre, Caillebotte rédige un premier testament, où

il prévoit la prochaine exposition impressionniste, où Cézanne,

Degas, Monet, Berthe Morisot, Pissarro, Renoir et Sisley seront

présents, ainsi que le don de sa collection au musée du Luxembourg.

Sisley peint en hiver, « L’Abreuvoir de Marly-le-roi- Gelée blanche« 

 

 

Début de la construction du Sacré Coeur de Paris.

 

Graham Bell invente le téléphone.

 

 

1877 – En février il quitte Marly pour loger au 7 avenue de Belleville

à Sèvres (loyer moins coûteux). Troisième exposition impressionniste

chez Durand-Ruel, il expose 17 paysages (Trois prêtés par Hoschedé,

trois par le docteur De Bellio, deux par Charpentier, un par Duret

et un par Manet). Zola rend hommage à Pissarro et Sisley

« deux paysagistes du plus grand talent (Sémaphore de Marseille) ».
Le 28 mai,  vente publique à l’Hôtel Drouot, onze tableaux de

Sisley sont vendus entre 105 et 165 francs. (1 franc de l’époque =

environ 3 euros).

Sisley fréquente les repas du mercredi au 95, boulevard Voltaire ,

donnés par le restaurateur et collectionneur Eugène Murer,

celui-ci possédera jusqu’à 27 de ses peintures

 

 

 

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1878 – Janvier, Sisley expose 3 paysages au musée de Pau,

au Salon de la société béarnaise des Amis des Arts.
Le 5  et le 6 juin, 13 toiles font partie de la seconde vente de

la collection Hoschedé à l’Hôtel Drouot. Elles  sont vendues

une moyenne de 120 francs environ, les acheteurs sont Durer, Faure, Murer.

Edison invente la lampe à incandescence.

Exposition universelle de Paris.                                                                                                                                   

 

 

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Après 1880, Sisley alla alors s’installer dans une retraite solitaire,

à Moret-sur-Loing, chef-lieu de canton de Seine-et-Marne, proche

de Fontainebleau.

 

 

 

 

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Au critique Tavernier, venu l'entretenir vers la fin de sa vie il déclara :

"C'est le ciel qui doit être le moyen, le ciel ne peut pas être qu'un fond.

Il contribue au contraire non seulement à donner de la profondeur

par ses plans (car le ciel a des plan comme les terrains), il donne

aussi le mouvement par sa forme, par son arrangement en rapport

avec l'effet et la composition du tableau. En est il de plus magnifique

et de plus mouvementé que celui qui ce produit en été? Je veux parler

du ciel bleu avec ses beaux nuages blancs baladeurs. Quel mouvement !

quelle allure, n'est-ce pas? il fait l'effet de la vague quand on est en mer,

il exalte, il entraîne. Un autre ciel, celui-là plus tard, le soir. Les nuages

s'allongent, prennent souvent la forme de sillages, de remous,

qui semblent immobilisés au milieu de l'atmosphère et peu à peu

disparaissent absorbés par le soleil couchant. Celui-là est plus tendre,

plus mélancolique, il a le charme des choses qui s'en vont et je l'aime particulièrement."

ALFRED SISLEY

 

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Les premières années de l’histoire de l’impressionnisme sont marquées par de

très grandes difficultés. Économiques surtout ; car à l’exception de Degas,

qui d’ailleurs est issu de la grande bourgeoisie, les peintres de la Société

anonyme vendent très mal leurs œuvres. Il faut le courage et la ténacité

du marchand d’art Durand-Ruel, qui prend de gros risques, pour constituer

le réseau des premiers clients – parfois guère plus riches que les artistes –

et réguler les cotes.

 

La critique elle aussi joue un rôle, à condition de porter son attention sur

cette nouvelle peinture. Le pire ennemi des artistes est le silence : tout lui

est préférable, et même les railleries et les moqueries, qui, au moins, attirent

l’attention.

De fait, les moqueries sont prodiguées assez largement aux impressionnistes.

Puis à partir des années 1880, un progrès est sensible. L’exemple des

initiateurs commence à porter : après Zola, c’est Duranty ou Philippe Burty 

qui prennent la relève, puis Théodore Duret et, surtout, le romancier 

Joris-Karl Huysmans, dont les textes ciselés sont repris dans "l’Art moderne"

 (1883) puis dans "Certains" (1889).

Heureusement ,depuis ,nous savons contempler et apprécier les chefs

d'oeuvres "des Impressionnistes ".  

 

ANNE VR (-_-) xxx



01/06/2016
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