Anne Vallery-Radot = Rubriques

Anne Vallery-Radot = Rubriques

LES IMPRESSIONNISTES TROISIÈME PARTIE :MANET / BERTHE MORISOT

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Edouard Manet  " le déjeuner dans l'atelier"   /Berthe Morisot "jour d'été"

Les Impressionnistes 

En 1855, Gustave Courbet a montré l'exemple : dans son « pavillon du

Réalisme », il expose l'Atelier du peintre, où il se met en scène en train

de brosser un paysage, entouré d'une assemblée d'amis, de personnalités

admirées ou haïes, de figures allégoriques. Ce faisant, Courbet bouscule

doublement la tradition : en dédiant à un sujet trivial une toile dont

l’immense format est habituellement réservé à la peinture d'histoire ,

en s’adressant directement au public, en dehors des expositions

officielles organisées par l’État .

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Édouard Manet fait également figure de modèle révolutionnaire pour

les jeunes peintres. En 1863, le jury du Salon annuel de peinture exclut

de l’exposition son Déjeuner sur l'herbe. Puis l’œuvre est admise au

Salon des refusés – manifestation autorisée par l’empereur Napoléon III

 afin de laisser les visiteurs seuls juges des œuvres rejetées par le jury

du Salon officiel. C’est là que le jeune Paul Cézanne peut l’admirer,

tout comme Renoir, Sisley ou Monet, reconnaissant en Manet le

chef de file de la nouvelle école à laquelle ils souhaitent appartenir.

 

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 Ce bouquet est divin ,un ravissement pour les yeux ...AVR 

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Edouard Manet 1832/1883

 

Édouard Manet naît dans un milieu de grands bourgeois parisiens,

 au numéro 5 de la rue Bonaparte (à l'époque rue des Petits Augustins), 

Après une scolarité moyenne, il tente de faire carrière dans la marine,

mais échoue par deux fois au concours de l’École navale.

Son père l'autorise alors à suivre une voie artistique (passion qu’il a

depuis l’enfance), mais à la condition d’acquérir un bagage technique

sérieux.

Ainsi, en 1850, il intègre l’atelier de Thomas Couture, peintre académiste ,

un artiste marquant du XIXe siècle.

Souvent plus reconnu comme ayant été le maître de Manet,

il a néanmoins joué un rôle essentiel dans l’histoire de la peinture moderne.

 

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Manet y reste six ans. Au cours de cette période, il visite les musées italiens

et voyage également en Allemagne, en Autriche, en Hollande.

À Paris, il s’enthousiasme pour Eugène Delacroix, qu’il rencontre,

et copie les maîtres exposés au Louvre .

 

 

 

Edouard Manet 

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  Le Buveur d'absinthe si peu académique est refusé au Salon de 1859.

Le jury ne comprend pas cette œuvre qui illustre d'une certaine manière

le Vin des chiffonniers de Baudelaire « buvant et se cognant au mur

comme un poète.»

De même Thomas Couture considère que le seul buveur d'absinthe est

ici le peintre.

 Manet apprend ce refus en présence de Baudelaire, de Delacroix et

d'Antonin Proust. et il pense que c'est Thomas Couture qui en est

responsable « Ah! il m'a fait refuser! Ce qu'il a dû en dire devant les

bonzes de son acabit (...) » Le jeune artiste bénéficie pourtant de

plusieurs soutiens remarqués, avec notamment Eugène Delacroix.

 

Manet, portrait de Baudelaire

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 Charles Baudelaire le rencontre à la fin des années 1850 chez une relation

commune. Une grande connivence se noue immédiatement entre les deux

hommes, et l'optique baudelairienne marque la production du peintre

jusqu’en 1860 . 

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 Les parents de Manet

 

 

 

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Les deux premiers tableaux à thème espagnol, Jeune Homme en costume

de majo et Mlle V. en costume d'espada, qui sont présentés au Salon des

Refusés de 1863 avec Le Déjeuner sur l'herbe, déroutent les critiques et

suscitent de vives attaques malgré le soutien d'Émile Zola qui voit là

 « une œuvre d'une vigueur rare et d'une extrême puissance de ton (...)

Selon moi, le peintre y a été plus coloriste qu'il n'a coutume de l'être.

Les taches sont grasses et énergiques et elles s'enlèvent sur le fond

avec toutes les brusqueries de la nature »

 

 

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« Il se forma autour de Manet une petite cour. Il allait presque chaque

jour aux Tuileries de deux à quatre heures.(…) Baudelaire était là son

compagnon habituel.

On regardait curieusement ce peintre élégamment vêtu qui disposait

sa toile, s'armait de sa palette, et peignait » La description de Proust

donne une idée assez juste de Manet qui était bien un des dandys en

haut de forme de son tableau, habitués de son atelier, des Tuileries et

du café Tortoni de Paris, café élégant du boulevard, où il prenait son

déjeuner, avant d'aller aux Tuileries.

« Et quand il revenait chez Tortoni de cinq à six heures, c'était à qui le

complimenterait sur ses études qu'on se passait de main en main »

Avec La Musique aux Tuileries (1862) Manet brosse le tableau de l'univers

élégant dans lequel il évoluait. Le tableau dépeint un concert donné au

 jardin des Tuileries et dans lequel le peintre représente des personnes

qui lui sont proches.

 

 

 

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 A propos du Christ:

Ces œuvres lui valurent des quolibets de Gustave Courbet ou de Théophile

Gautier mais elles furent saluées par Émile Zola :

« Je retrouve là Édouard Manet tout entier, avec les partis-pris de son œil

et les audaces de sa main. On a dit que ce Christ n’était pas un Christ, et

j’avoue que cela peut être ; pour moi, c’est un cadavre peint en pleine

lumière, avec franchise et vigueur ; et même j’aime les anges du fond,

ces enfants aux grandes ailes bleues qui ont une étrangeté si douce et si

élégante. »

 

 

 

 

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Bien que Manet ait finalement décidé de ne pas l’exposer au Salon des

Refusés et de ne la dévoiler que deux ans plus tard, c’est en 1863 

qu'est réalisée la toile d’Olympia. L’œuvre, qui allait susciter une

controverse encore plus féroce que le Déjeuner sur l'herbe, représente

une prostituée semblant sortir tout droit d’un harem à l’orientale et

s’apprêtant visiblement à recevoir un client qui s'annonce avec un bouquet.

Le tableau, qui associe et fait ressortir avec puissance le contraste entre la

femme blanche et la femme noire, s’inscrit dans la longue tradition

artistique et très académique dite de « l’odalisque à l’esclave » .

 

 

 

 

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Portrait d'Émile Zola par Manet

 

 

En 1866, Émile Zola, qui avait pris fait et cause pour l’art de Manet dans le

Figaro, devint son ami. Tel fut également le cas des peintres impressionnistes

 Edgar Degas, Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Camille Pissarro

et Paul Cézanne, qui subirent l’influence de Manet et qui, à leur tour,

influencèrent son art, le rendant peut-être plus sensible aux jeux de lumière.

Manet ne doit donc pas être considéré comme un peintre impressionniste

 à part entière, malgré les liens étroits qu’il entretint toute sa vie avec Monet

et ses amis .

 

Emile Zola 

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Et sa plume est virulente. Comparant le Salon à un « immense ragoût

artistique qui nous est servi tous les ans », Zola s’enflamme dans les

colonnes du quotidien l’Événement : qu’il s’agisse de Manet ou des autres

, il exige « que les artistes qui seront à coup sûr les maîtres de demain ne

soient pas les persécutés d’aujourd’hui » (l’Événement, 27-30 avril 1866).

 

 

 

 

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Manet cherche à rendre ce qu'il voit parfois une simple indication sommaire.

Cette manière de peindre met en avant la spontanéité comme valeur première.

Ainsi, ses portraits recherchent moins la fidélité que l’impression psychologique.

Comme Degas, il se pose des questions sur l'expression effective du mouvement

(Courses de Longchamp, 1867). Ces œuvres témoignent d'une liberté propre à

enthousiasmer les impressionnistes et à justifier sa présence à leurs côtés

(encore qu'il ne participe pas à leurs exposition.)

 

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Les impressionnistes s’efforcent d’exprimer la lumière avec le plus

de vérité possible.

À partir de 1874, Manet lui-même éclaircit ses toiles, délaisse les noirs

profonds pour peindre des ombres colorées. Il passe l'été dans la

maison familiale du Petit-Gennevilliers, non loin d'Argenteuil où

réside Monet, avec qui il peint les mêmes sujets et qu’il représente

sur son bateau-atelier.

 

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Manet allait désormais adhérer totalement à l'Impressionnisme et 

soutenir particulièrement Monet, achetant à son insu des toiles

qu'il bradait 100 francs pièce, ou cherchant à gagner le critique Wolff

à l'art de Monet et de ses amis.

 

 

 

 

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En 1877, Manet devait encore provoquer les critiques avec "Nana",

représentation grandeur nature d'une jeune femme, en jupons et

corsage, en train de se poudrer en présence d'un homme qui l'attend,

qui fut refusé au Salon.

 

 

 

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Manet connaîtra tardivement la reconnaissance officielle à laquelle il aspirait

: il deviendra en 1881 un "hors concours" du Salon en obtenant une médaille

avec "Le portrait de Mr Pertuisait" , ci dessous :

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et sera nommé Chevalier de la Légion d'honneur, sur proposition

de son ami A. Proust devenu ministre des Beaux-Arts.

 

 

 

Portrait d'Antonin Proust

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 Autoportrait 1879

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« Il est vrai qu’il est déjà honorable de déblayer le chemin pour l’avenir,

pour peu qu’on soit tombé sur la bonne voie. Aussi rien de plus

caractéristique que l’influence des peintres impressionnistes – refusés

chaque année par le jury – lorsqu’elle s’exerce sur les peintres aux

procédés adroits qui constituent chaque année l’ornement du Salon… » 


(Émile Zola, « Nouvelles artistiques et littéraires », le Messager de l’Europe, juillet 1879).

 

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En 1882, il fut présent au salon pour la dernière fois avec 

"Un bar aux Folies-Bergère "

(Courtauld Institute Galleries, Londres), l'une de ses œuvres les plus célèbres.

Manet y donne une nouvelle fois une démonstration de son art, brillant par

une interprétation impassible et objective d' une scène de la société dans

laquelle il vit - une serveuse au regard vide et absent ne participant que par

sa beauté extérieure aux éclats de ce palais du plaisir -, une composition en

plusieurs plans spatiaux - résultant du miroir situé derrière la serveuse -

, des qualités de peintre de natures mortes - le réalisme des bouteilles , des

fruits, des fleurs... -, les tonalités opposant la dure froideur des éclairages à

l'atmosphère enfumée du bar rendue par des couleurs atténuées.

 

 

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( L'atelier bateau)

 

 

 

 

 

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Lorsque Manet peint ce tableau, les scènes de la vie bourgeoise sont un

genre à la mode. Pourtant Le balcon ne répond à aucune des attentes

du public de l'époque. Tous les personnages sont des intimes de Manet.

Berthe Morisot, assise au premier plan, y fait notamment sa première

apparition dans l'oeuvre du peintre dont elle deviendra un modèle

privilégié. Mais ils sont représentés dans une attitude figée, comme

perdus dans une rêverie intérieure. La scène n'offre ni récit, ni anecdote.

Manet s'affranchit en cela des règles académiques, bien que la référence

aux Majas au balcon de Goya (1764-1828) soit évidente. 

 

 

 

Manet :portraits de sa belle-soeur Berthe Morisot

 

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Berthe Morisot 1841/1895

 

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Berthe Marie Pauline Morisot née le  à Bourges 

son père, Edme Tiburce Morisot, est préfet du département du Cher.

Sa mère Marie-Joséphine-Cornélie Thomas est l'arrière-petite-nièce

du peintre Jean Honoré Fragonard.

La famille s'installe définitivement à Paris en 1852.

Berthe Morisot est une peintre française, membre fondateur et

doyenne du mouvement d'avant-garde que fut l'Impressionnisme.

Elle était dans le groupe impressionniste, respectée par ses camarades

et admirée.

À sa table, se réunissent son beau-frère Édouard Manet

 qui est le plus mondain, Edgar Degas, le plus ombrageux, Pierre-Auguste

Renoir, le plus sociable, et Claude Monet le plus indépendant du groupe. 

Stéphane Mallarmé l'introduit auprès de ses amis écrivains

Berthe Morisot a épousé Eugene Manet le frère d'Edouard Manet..

 

 

Berthe avait deux sœurs. L'une, Yves, 1838-1893, devint plus tard Madame

Théodore Gobillard, peinte par Edgar Degas sous le titre 

"Madame Théodore Gobillard," Metropolitan Museum of Art.

 Yves est bien le prénom de la jeune fille.

 Sa deuxième sœur, Edma, 1839-1921, pratiquait la peinture avec Berthe

dont elle a fait le portrait en 1865 (collection privée).

Les deux sœurs exposèrent ensemble pour la première fois au Salon en 

1864

 

 

Au Louvre, les deux sœurs ont rencontré Édouard Manet avec les copistes.

Les parents Morisot donnaient des soirées où ils rencontraient les Manet.

Madame Manet-mère donnait également des soirées où elle recevait les

Morisot, et tout ce monde se retrouvait encore aux soirées de monsieur

de Gas (père d'Edgar Degas) où étaient présents Charles Baudelaire

Emmanuel ChabrierCharles CrosJames TissotPierre Puvis de Chavannes.

 Cette bourgeoisie d'avant-garde était alors très mondaine.

On apprit par madame Loubens (surtout connue pour le portrait que Degas

a fait d'elle ) que Degas avait été amoureux d'Edma, et que Manet

avait exprimé son admiration pour le travail de cette même jeune fille.

Le salon des Morisot était fréquenté par un nombre croissant de célibataires.

 

Il y eut ensuite un chassé-croisé d'influences mutuelles, d'emprunts parfois

imperceptibles, de Manet à Morisot et inversement. Entre 1871 et 1872,

Berthe réalisa un tableau représentant sa sœur, Yves Gobillard, avec sa fille

, Bichette, sous le titre Femme et enfant au balcon, collection particulière.

 

 

Berthe Morisot 

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 Yves est de profil et l'enfant, de dos, tourné vers Paris, reprend une idée que

Berthe avait déjà traitée dans une des aquarelles de Cherbourg :

 "Femme et enfant assis dans un pré  "1871, où l'enfant a également le dos

tourné.

 

 

Manet

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L'année suivante Manet reprit la silhouette de l'enfant vue de dos,

qui regarde au loin, à travers une grille dans son Chemin de fer, 

National Gallery of Art , mais la balustrade verte de Berthe Morisot

rappelle celle du Balcon de Manet.

 

 

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Berthe morisot "La chasse aux papillons "

 

 

La maîtrise de Berthe commençait à subjuguer ses camarades qui la

reconnaissaient comme une artiste à part entière, en particulier Edgar

Degas.

Elle commençait à se détacher des couleurs un peu sombres pour

adopter des tons de plus en plus clairs, qu'elle tenait de Corot.

Parfois ses couleurs étaient éclatantes comme sur la toileIntérieur que

le jury du salon de 1872 refusa, ce qui indigna Puvis de Chavannes.

Manet qui suivait toujours de très près le travail de Berthe se laissa

peu à peu influencer par les teintes claires de La Petite fille aux jacinthes,

pastel, 1872, de Jeune fille assise sur un banc (Edma Pontillon), 1872,

et du Berceau, 1872, musée d'Orsay envoyé au salon de 1872.

 

 

 

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À l'été 1874, Berthe passa ses vacances à Fécamp avec Edma, ses enfants,

et des amis de la famille qui posèrent pour elle. En vacances non loin de là,

Eugène Manet ,le frère d'Edouard , âgé de quarante et un ans, venait parfois

peindre aux côtés de Berthe et surtout la courtisait.

Le 22 décembre suivant, Berthe l'épousait.

Cette année-là, Édouard fit de Berthe deux magnifiques portraits, 

 

 

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Portrait de Berthe Morisot à l'éventail (palais des beaux-arts de Lille),

où Berthe apparaît en deuil après la mort de son père en janvier.

On distingue néanmoins sa bague de fiançailles sur la main gauche

et l'éventail est replié.

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L'autre portrait est intitulé Berthe Morisot à l'éventail, musée d'Orsay 

présente Berthe le visage caché derrière son éventail.

 

 

 

 

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La première exposition eut lieu dans les Salons Nadar, 35 boulevard des

Capucines, là où se trouvaient les anciens ateliers de Nadar. Vingt neuf

artistes y participaient, Berthe étant la seule femme .

 Une semaine avant l'ouverture de l'exposition, Puvis de Chavannes

lui envoya une lettre pour la mettre en garde contre le fiasco de cette

entreprise. Mais rien n'arrêta la jeune femme. Elle affirmait ainsi son

indépendance vis-à-vis de Manet qui s'était détourné de cette exposition

contestataire. Parmi les huiles qu'elle envoya chez Nadar, il y avait : 

Le Berceau (musée d'Orsay), Le Port de Cherbourgla LectureCache-cache,

parmi les pastels : Portrait de mademoiselle Madeleine ThomasLe Village

de MaurecourtSur la Falaise, pastel, département des arts graphiques,

musée du Louvre. D'après le catalogue de l'exposition, Berthe exposa

quatorze huiles, trois pastels et trois aquarelles.

 

 

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Ce fut un scandale. Renoir racontait qu'un détracteur avait qualifié Berthe

de prostituée et que Pissarro lui avait envoyé son poing dans la figure,

ce qui avait déclenché une bagarre. La police fut appelée en renfort.

 

 

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Berthe, désormais plus sûre d'elle, chercha à vendre ses toiles. Édouard et

Eugène l'encouragèrent à les envoyer à la galerie Dudley de Londres qui

n'en exposa aucune. 

 

En revanche, Ernest Hoschedé le collectionneur ,ami de Monet,

acheta chez Durand-Ruel "Femme à sa toilette, "scène d'intérieur

inondée de lumière et traitée à grands traits, collection particulière.

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Certains critiques d'art, Arthur Baignières surtout, commentaient l'évolution

de son style en regrettant qu'elle poussât aussi loin la recherche impressionniste :

 « Elle pousse le système impressionniste à l'extrême et nous le regrettons

d'autant plus qu'elle possède des qualités rares comme coloriste.

Plusieurs de ses toiles représentent des vues de l'île de Wight et on ne peut pas

les reconnaître (…) Mademoiselle Morisot est une impressionniste si convaincue

qu'elle peut peindre jusqu'au mouvement de chaque chose inanimée. »

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Bougival est une source d'inspiration encore plus importante. Son tableau

le plus ambitieux Le Jardin (1882-1883) huile sur toile,99,1 × 127 cm

Sara Lee Corporation est sans doute exposé à Londres par Durand-Ruel.

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Berthe réalise encore Le Quai de Bougival 1883 Nasjonalgalleriet Oslo,

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 Eugène Manet et sa fille Julie dans le jardin.

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 En février 1887, Berthe fut invitée à exposer à Bruxelles avec un groupe

d'artistes d'avant-garde : le Groupe des XX où Georges Seurat et Pissarro

exposaient aussi.

L'envoi de Berthe comprenait=

 Le Corsage rouge, 1885, huile sur toile, 73,5 × 60 cm,

Ordrupgaard museum de Copenhague;

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 Le Lever 1886, huile sur toile 63 × 54 cm, collection particulière, 

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le Port de Nice, 1881-1882, huile sur toile 41 × 55 cm,

collection particulière,  

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Dans la salle à manger, (1875 ou 1885-1886 selon les biographies),

huile sur toile 61,3 × 50 cm, National Gallery of Art, 

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Intérieur à Jersey, 1886, huile sur toile, 50 × 60 cmmusée d'Ixelles. 

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Julie Manet ,la fille de Berthe Morisot et d'Eugène Manet

 

 

 

 

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Berthe s'était aperçu que la santé d'Eugène n'était pas bonne et elle peignit

très peu pendant un temps. « Elle trouvait qu'elle et son mari avaient vieilli

prématurément et elle éprouvait de la nostalgie au spectacle de sa fille

et de ses nièces qui apprenaient à dessiner, peindre, jouer de la musique.

Berthe sentait venir la fin de sa vie » 

Dans une lettre à Edma, elle exprime dans son testament le désir que

Mallarmé soit le tuteur de Julie.

Eugène Manet  mourût le 13 Avril 1892 à 59 ans .

 

 

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Berthe Morisot tomba malade à la mi-février 1895.

Elle avait, selon les biographies, une congestion pulmonaire ou une grippe,

contractée en soignant sa fille du même mal. Elle mourut le 

 au 10 rue Weber à Paris, et légua la plupart de ses œuvres à ses amis artistes :

 DegasMonetRenoir.

 

 

Paul Valéry, qui épousa sa nièce, Jeanne Gobillard, écrivit un essai sur

Berthe en 1926 et le dédicaça à Édouard Vuillard Il dira plus tard :

 « La singularité de Berthe Morisot fut de vivre sa peinture et de

peindre sa vie, comme si ce lui fût une fonction naturelle et nécessaire,

liée à son régime vital, que cet échange d'observation contre action,

de volonté créatrice contre lumière. »

 

La mort de l'artiste n'entraîna cependant pas la dispersion du groupe

impressionniste ; ses compagnons de lutte aimaient et protégeaient

sa fille Julie , dont Mallarmé était le tuteur et que Renoir emmenait

peindre avec lui.

Degas la maria en 1900 à Ernest Rouart, le  fils d'Henri Rouart.

Pour le premier anniversaire de sa mort, du 5 au 21 (ou 23) mars 1896,

Durand-Ruel, aidé de Degas, Rouart et de sa fille Julie organisèrent

une rétrospective de ses œuvres d'environ trois cents à quatre

cents toiles.

 

 

 

 

Malgré sa riche production artistique, le certificat de décès mentionnait :

« sans profession ». Elle est enterrée dans le caveau des Manet au cimetière

de Passy où il est simplement gravé : « Berthe Morisot, veuve d'Eugène Manet ».

 

 

Époque cruelle pour les femmes artistes ...la reconnaissance est venue tard !!

Et  certains n'ont pas hésité à frauder pour obtenir ces chefs d'oeuvres .

 

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Si les Wildenstein n'a­vaient pas été rattrapés par leur passé, l'affaire de la

succession Rouart n'aurait pas ­refait surface.

Est-ce un petit début de victoire pour tenter de retrouver les trois Manet

et le Corot mystérieusement disparus depuis la mort, en 1993, d'Anne-Marie

Rouart, descendante de l'industriel, peintre et collectionneur Henri Rouart ?

Pour l'heure, seule la toile de Berthe Morisot, "Chaumière en Normandie,"

vient d'être retrouvée par la police,

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Berthe Morisot "Chaumière en Normandie" 
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A la suite d'une plainte contre X pour recel d'Yves Rouart,

neveu d'Anne-Marie et arrière-petit-fils de Berthe Morisot;

C'est au cours d'une perquisition, au siège de l'Institut Wildenstein,

dans la chambre forte de leur fief rue de la Boétie à Paris ,diligentée

en marge d'une des multiples affaires de détournement dont les Wildenstein

 père et fils sont accusés que les inspecteurs de la brigade financière découvrent,

les 11 et 12 janvier 2011 107 la toile de Berthe Morisot intitulée 

"Chaumière en Normandie," 1865, huile sur toile 46 × 55 cm 25.

Lors de l'inventaire de la succession, les académiciens Daulte et Wildenstein

avaient décroché les tableaux ornant les murs de l'appartement d'Anne-Marie

Rouart et les avaient étalés sur le sol pour qu'ils ne soient pas considérés

comme meubles meublants, et ne soient pas rendus à l'héritier légitime,

Yves Rouart.(.....)

 

Yves Rouart qui avait dans un premier temps assigné l'Académie des

beaux-arts et signé en 2000 un protocole d'accord révisable avec les

exécuteurs testamentaires, a contesté ce protocole. 

« S'il s'avère que la très belle collection de Morisot doit être retirée du

musée Marmottan ce serait une grande perte pour le public et pour

l'État français  ».

La collection d'Anne-Marie Rouart comprenait en outre le célèbre portrait

de Berthe Morisot par Manet.(...)

Il devait être vendu pour payer la succession par les exécuteurs testamentaires.

L'État français s'est opposé à la vente de cette œuvre à l'étranger et l'a

rachetée pour plusieurs millions d'euros.

C'est aujourd'hui une des pièces maîtresse du musée d'Orsay.

(voir l'article "Rouart "de ce blog)

 

ANNE VR (-_-)xxx



11/06/2016
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