ANNE VALLERY-RADOT RUBRIQUES ARTS & CINÉ

ANNE VALLERY-RADOT RUBRIQUES ARTS & CINÉ

SOCRATE ET PLATON , LES PREMIERS PHILOSOPHES AVANT ARISTOTE


 

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 Socrate un philosophe grec du V ème siècle avant JC (né vers -470/469, mort en -399). 

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Socrate enseignait dans la rue gratuitement contrairement aux sophistes, qui enseignaient la rhétorique moyennant une forte rétribution.

L'année -420 est importante, puisque la Pythie de Delphes aurait répondu à son ami d’enfance Chéréphon : « Il n'y a pas d'homme plus sage que Socrate ».

Socrate n'a jamais rien écrit , Platon aurait repris les idées de Socrate dans ses dialogues écris . Il y a d'abord le Socrate des "premiers dialogues" - en gros jusqu'au Gorgias - celui des dialogues justement dits "socratiques" parce qu'on suppose que la figure du Socrate historique s'y dessine plus nettement et aussi parce qu'ils ressortissent à un genre littéraire en vogue à Athènes après la mort de Socrate. On qualifie parfois ces dialogues de jeunesse d'aporétiques parce que les interlocuteurs se quittent sans apporter de réponse à la question posée et laissent le lecteur dans l'embarras, dans l'impasse (c'est le sens du mot grec aporia).  

 

 

 

Platon précise que "la plus grande sauvegarde - pour la pensée -, c'est de ne pas écrire" et de conclure paradoxalement :

"Voilà pourquoi je n'ai jamais rien écrit moi (Platon) sur ces questions ; de Platon, il n'y a aucun traité les concernant et il n'y en aura pas non plus. Les écrits qu'on m'attribue maintenant sont de Socrate, lorsqu'il était jeune et beau" . On se prend alors à rêver la fiction d'un "Socrate jeune et beau", auteur en sous-main des dialogues de Platon. "

 

 Ce qui voudrait dire que les écrits de Platon sont les pensées de Socrate, c'est pourquoi il dit qu'il n'a jamais rien écrit.


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 "le courage est un juste milieu entre la peur et l'audace" Aristote

 

 

Mais c'est Platon, écrit Aristote ( l'élève de Platon ,né en 385 avant JC et qui n'a donc pas connu Socrate  ), qui le premier a "posé l'existence des Idées" (Métaphysique). En termes aristotéliciens, il précise même : "Socrate n'a pas séparé les universaux" - comprendre les Idées - "des particuliers", - comprendre les choses individuelles - "et il avait raison de ne pas les séparer" (Métaphysique) - sous-entendu comme moi, Aristote, je le fais.

De même, il ne saurait être question, aux yeux d'Aristote, d'attribuer à Socrate la doctrine de la réminiscence ou de la transmigration des âmes. 

 

Aristote s'opposera à Platon notamment en ce qui concerne l'univers : 

Pour Aristote, l'essence ou la forme (eïdos morphè) ne peut exister qu'incarnée dans une matière (hulé). Cela le conduit à élaborer la thèse dite de l'hylémorphisme qui consiste à penser l'immanence, la nécessaire conjonction, en toute réalité existante, de la matière (hulè) et de la forme (morphè) qui la modèle. Alors que  pour Platon, cette question ne se pose pas puisque l'universel appartient au domaine des idées. Pour Aristote, l'universel consiste plutôt en une intuition de la forme ou de l'essence et dans le fait de poser un énoncé, telle la définition d'un homme comme animal politique.

 

La démonstration aristotélicienne repose sur le syllogisme qu'il définit comme un discours dans lequel, certaines choses étant posées, quelque chose d'autre que ces données en résulte nécessairement par le seul fait de ces données.

Le syllogisme repose sur deux prémisses, une majeure et une mineure, desquelles on peut tirer une conclusion nécessaire. Exemple :

Majeure : les êtres humains sont mortels.

Mineure : les femmes sont des êtres humains.

Conclusion : les femmes sont mortelles.

 

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La maïeutique est au coeur de la philosophie socratique. En effet, elle se définit comme l’accouchement des esprits. Par le biais de questionnements, l’esprit du questionné parvient à trouver en lui-même les vérités.

 

La maïeutique est donc l’art d’accoucher les esprits, de leur faire enfanter la vérité. Socrate en philosophe affirme que chacun porte en lui le savoir, sans en avoir conscience. Le questionnement vise à se faire ressouvenir, c’est la fameuse théorie de la réminiscence. Ceci est bien sûr fondé sur la thèse de l’immortalité de l’âme. Puisque l’âme est immortelle, elle détient déjà tous les savoirs.

 

Mon art de maïeutique a les mêmes attributions générales que celui des sages-femmes. La différence est qu’il délivre les hommes et non les femmes et que c’est les âmes qu’il surveille en leur travail d’enfantement, non point les corps” (Socrate dans le Théétète)

 

 

 La fameuse phrase de Socrate “Connais-toi toi-même” n’est pas exactement de lui, c’est une devise inscrite au frontispice du Temple de Delphes que Socrate reprend à son compte pour s'interroger .

Elle figure au panthéon des grandes phrases philosophiques. 

 C’est en se connaissant, en cherchant en lui-même, que l’homme peut trouver la sagesse : 

Une vie sans examen ne vaut d’être vécue"

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Il existait avant Socrate des individus réputés pour être sages "sophoi", faisant preuve de "sophia "c’est-à-dire de sagesse, de savoir, ou de savoir-faire.

Ces sages, maîtres de vérité ou de sagesse, représentent une sorte d'aristocratie, tandis que les sophistes, qui affirment pouvoir enseigner le savoir à tous contre paiement, sont le versant démocratique de la sagesse.

En s'opposant aux uns et aux autres, Socrate est le premier philosophe "philosopho", tel que le définit pour la première fois Platon dans le Banquet, c'est-à-dire celui qui est non sage, mais qui désire "philein "la sagesse, sachant qu’il ne l'a pas.

Individu inclassable, il provoque chez les autres le bouleversement de soi-même d’une façon irrationnelle. Cette remise en question de l’individualité se trouve dépassée dans le dialogue entre un individu et un autre, dialogue fondé sur la raison, pour atteindre l’universalité.

Par la suite, pour toutes les écoles philosophiques de l'Antiquité, la figure du sage est avant tout un idéal. Et toutes, à l'exception de l'épicurisme, s'accordent pour reconnaître que Socrate, celui qui ignore qu'il est sage, est une incarnation de cet idéal.

 Une tradition a fait de Thalès de Milet le« premier philosophe », tandis qu'une autre tradition, remontant à Platon, Xénophon et Aristote, fait de Socrate le « père de la philosophie ».

Thalès serait le premier à attribuer aux phénomènes naturels des causes matérielles et non surnaturelles, alors que Socrate serait le premier à consacrer la réflexion philosophique aux affaires humaines, et non plus à l'étude de la nature.

Cette tradition en vigueur chez les Anciens d'un Socrate comme père de la philosophie est à l’origine chez les Modernes de la désignation des philosophes qui l'ont précédé (ou qui sont parfois ses contemporains) comme « présocratiques ».

Elle est aussi à l'origine de l'idée selon laquelle Socrate est le « fondateur de la science morale ». Mais c'est surtout l'exemplarité de sa vie et de sa mort au service de la philosophie qui en fait le père de celle-ci.

 

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Socrate est en accord avec Parménide sur le fait qu'il existe un Être unique, existant indépendamment du discours et supérieur à lui. Mais il accorde cependant aux sophistes qu'il existe aussi une multitude d'autres êtres, qui peuvent se montrer illusoires et trompeurs, en relation avec le discours.

Contrairement aux sophistes, Socrate est cependant le premier à penser que ces êtres existent aussi en dehors du discours, préservant ainsi la possibilité d'un discours vrai, qui ne varie pas en fonction de la subjectivité de chacun.

Socrate est ainsi à l'origine en philosophie de la notion de concept, ouvrant par là le chemin aux idées platoniciennes.

 

 

À vingt ans, vers 407, Platon fut mis en relation avec Socrate ; d’après Élien le Sophiste, Platon, aurait résolu de quitter Athènes pour aller rejoindre l'armée. Socrate l'aurait surpris achetant des armes et l'aurait fait changer d'avis et persuadé de se tourner vers la philosophie. Élien précise qu'il s'agit d'un ouï-dire, et avoue ne pas savoir si l’histoire est vraie. 

 

Platon se passionne dès lors pour la morale et adopte l'art socratique d'interroger et de philosopher, la dialectique. À la suite de cette rencontre, Platon abandonne l'idée de concourir pour la tragédie grecque et brûle toutes ses œuvres. Il commence à écrire ses dialogues durant le vivant de Socrate : Hippias mineur et Ion, entre autres. 

Socrate, qui venait d'entendre Platon donner lecture du Lysis, s'écria : Par Héraclès, que de faussetés dit sur moi ce jeune homme. ! Platon est le disciple de Socrate durant neuf ans, de 407 à la mort du maître, en 399 av. J.-C. 

 

« Entre autres choses, Socrate, mon ami, qui était plus âgé que moi, et dont, je pense, je ne rougirais pas de dire qu'il était l'homme le plus juste de cette époque, ils [les Trente] l'envoyèrent avec d'autres chercher un citoyen, pour l'amener de force, en vue de le mettre à mort, dans le but évident de le rendre complice de leurs agissements, de gré ou de force ; mais lui, refusa d'obéir et préféra courir le risque de tout endurer, plutôt que d'être associé à leurs œuvres impies. »

 

 

 

 

 

Malade, plein de regrets déchirants et d'indignation après le procès et la condamnation de Socrate, il ne peut assister à la mort du philosophe. Selon Hermodore de Syracuse, inquiet sur le sort des disciples de Socrate, il se réfugie en compagnie de quelques amis chez Euclide de Mégarep

 

 

 

La philosophe Simone Weil affirme que contrairement à tous les autres philosophes, Platon répète constamment qu'il n'a rien inventé, qu'il ne fait que suivre une tradition.

Il s'inspire tantôt de philosophes antérieurs dont nous possédons des fragments et dont il a assimilé les systèmes dans une synthèse supérieure, tantôt de son maître Socrate, tantôt de traditions grecques secrètes dont nous ne savons presque rien sinon par lui, la tradition orphique, la tradition des mystères d'Eleusis, la tradition pythagoricienne qui est la mère de la civilisation grecque, et très probablement des traditions d'Égypte et d'autres pays d'Orient.

Socrate et les sophistes sont vraisemblablement les figures qui ressortent le plus nettement des dialogues de Platon, le premier comme interlocuteur principal, les seconds comme adversaires. Ils ne sont pas cependant les seuls penseurs ou écrivains présents dans les dialogues, qui reflètent à maints égards la culture de son temps.

Mais il n'est pas toujours possible de déterminer précisément dans quelle mesure tel ou tel aspect de cette culture alimente la pensée de Platon, ni d'y repérer avec certitude telle ou telle allusion. Les références faites par Platon sont en effet souvent allusives, et il ne fait jamais, au contraire de son élève Aristote, d'exposé doxographique sur une question donnée. 

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Il y a de fortes présomptions que Platon ait pris à Pythagore l'idée que les mathématiques et plus généralement la pensée abstraite sont une base sûre à la fois pour la philosophie, la science et la morale. Enfin, Platon et Pythagore ont partagé une approche mystique de l'âme et de sa place dans le monde matériel.

 

 


 

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<<Le premier bien est la santé, le deuxième la beauté, le troisième la richesse.>> Les lois. Platon .

 

 

Platon (424-347 av. J.-C.) est un philosophe grec d’Athènes. Disciple de Socrate, il rédige une série de dialogues mettant en scène celui-ci. On trouve dans les dialogues tardifs tels que la République la célèbre doctrine platonicienne des Idées, qui distingue deux réalités, le monde sensible, celui que nous voyons et le monde intelligible, ou monde des Idées. Il fut vendu comme esclave par le tyran Denys de Syracuse, puis libéré.

Il fonda une école, l’Académie, et Aristote fut son disciple.

 

 


 

L'Académie

 

Platon enseigne pendant quarante ans dans cette école de l'Académie qu’il a fondée.

Elle accueillit et forma des élèves aussi prestigieux qu'Aristote, Démosthène, Théophraste, Xénocrate...

Les matières étudiées ? La philosophie, bien sûr, mais aussi la mathématique, ou l’astronomie, deux disciplines considérées comme reines par Platon. Celui-ci avait d’ailleurs fait graver sur le fronton de l’Académie cette phrase : <<que nul n’entre ici s’il n’est géomètre.>>

La zoologie, la botanique étaient peut-être également enseignées.

C'est la première école philosophique organisée comme une université, au sens moderne du terme, avec un règlement, des logements pour les étudiants, une bibliothèque, une salle de conférence, etc.

L’enseignement oral était considéré comme le plus important. Seul un intérêt limité était accordé à la transmission écrite.

En -366, Aristote entra à l'Académie, à l'âge de dix-sept ans, pour vingt années d'études.

Selon Diogène Laërce, Cet Aristote fut le seul […] à écouter Platon lisant son traité de l’âme, tous les autres auditeurs s’en allèrent avant la fin.

L'école a subsisté pendant neuf siècles, jusqu'au règne de l'empereur byzantin Justinien, qui y mit un terme en 529.


 

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Les œuvres de Platon ont toutes été conservées. Néanmoins, au Moyen Age, peu d’entre elles étaient traduites en latin, et donc seules quelques-unes étaient lues à cette époque (en particulier le Timée).

Toutes sont des dialogues, à l’exception de l’Apologie et les lettres. On les classe communément en trois catégories : les dialogues de jeunesse, de maturité et de vieillesse. Elles sont souvent en groupes de "tétralogies" sur le modèle du théâtre classique grec .

 

 

La plus ancienne source qui nous soit connue pour un groupement des dialogues et oeuvres de Platon est celle d'un certain Thrasylle que cite Diogène Lærce, , sur lequel nous ne savons à peu près rien, et qui vécut sans doute au premier siècle de notre ère.

Malheureusement, son classement en 9 tétralogies, qui a survécu dans les manuscrits médiévaux, mélange le bon grain et l'ivraie, ce qui ne nous aide pas à accepter l'idée qu'un tel mode de classement pourrait remonter à Platon lui-même.

 

Le classement en tétralogies de Thrasylle est le suivant :

  1. Euthyphron, L'apologie de Socrate, Criton, Phédon

  2. Cratyle, Théétète, Le Sophiste, Le Politique

  3. Parménide, Philèbe, Le Banquet, Phèdre

  4. Alcibiade, 2ème Alcibiade, Hipparque, Les Rivaux

  5. Théagès, Charmide, Lachès, Lysis

  6. Euthydème, Protagoras, Gorgias, Menon

  7. Hippias majeur, Hippias mineur, Ion, Ménéxène

  8. Clitophon, La République, Timée, Critias

  9. Minos, Les Lois, Epinomis, Lettres

 

 

Mais ce même Diogène mentionne aussi un groupement en trilogies qu'il attribue à Aristophane de Byzance (IIIème siècle avant J. C.), qui ne reprend qu'une partie des dialogues. Cet arrangement est le suivant :

  1. La République, Timée, Critias

  2. Le Sophiste, Le Politique, Cratyle

  3. Les Lois, Minos, Epinomis

  4. Théétète, Euthyphron, L'apologie de Socrate

  5. Criton, Phédon, Lettres


Justice et politique 

 

 “Il y a, selon moi, naissance de société du fait que chacun de nous, loin de se suffire à lui-même, a au contraire besoin d’un grand nombre de gens”

 “Le contraire de cette injustice serait donc la justice, qui consisterait pour chaque classe – celle de l’homme d’affaire, celle du militaire auxiliaire, celle du gardien – à exercer ses propres activités dans la cité ; c’est cela qui rendrait la cité juste. Une cité semblait précisément être juste quand les trois groupes naturels présents en elle exerçaient chacun sa tâche propre, et elle nous semblait modérée, ou encore courageuse et sage, en raison d’affections et de dispositions particulières de ces mêmes groupes”

 

 

 “Ce qui donne naissance à la société, c’est l’impuissance où chaque homme se trouve de se suffire à lui-même, et le besoin qu’il éprouve de beaucoup de choses. La multiplicité de ses besoins a réuni dans une même habitation plusieurs hommes en vue de s’entraider : et nous avons donné à cette société le nom d’État”

 

 

 


 

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La République 

 

 

 

La République est un dialogue de Platon, qui développe une conception originale de la vie sociale à l’intérieur d’une Cité idéale.

Ce serait selon Cicéron le premier livre de philosophie politique grecque.

Platon affirme l’existence, au-delà du monde sensible, d’un monde intelligible, le monde des Idées.

On y trouve le célèbre mythe de la Caverne: 

 

Le réel n’est pas homogène selon Platon.

Il se décompose en deux parties :

-d’une part le monde sensible accessible aux sens, le réel immédiat source d’erreur et d’illusion;

-de l’autre, le monde intelligible accessible à la seule raison, lieu des Idées et de la vérité.

En associant la réalité et la vérité, Platon condamne le monde sensible. Le cheval n’est pas la vérité, seule l’idée de cheval est vraie.

Ainsi, la Caverne désigne le monde sensible, dont le sage-philosophe doit se détourner au profit du monde des Idées.

L’accès à la Vérité passe par la contemplation, l’exercice qui consiste à faire usage de sa raison.

 

 

 

La Caverne dévoile aussi la théorie de la connaissance de Platon. La Caverne désigne le monde de l’opinion, alors que l’extérieur désigne le monde de la connaissance. Platon affirme que le lieu naturel des hommes est l’ignorance. Bercés par les sens et les préjugés, la plupart des hommes vivent sous le joug de la “doxa” (opinion). Il faut donc faire un travail sur soi, opérer une révolution dans la manière de voir le monde, convertir son regard pour se libérer de la doxa.

 

 

Platon est un idéaliste dans la mesure où il pose le primat des idées sur la matière. Le monde des Idées, éternel et immobile, prévaut sur le monde sensible, monde de l’illusion, temporaire. La réalité intelligible est le vrai réel. Les objets du monde ne sont que des reflets (Marx, en matérialiste, renversera la hiérarchie platonicienne : le monde des idées est le reflet du monde des objets (rapports de production)

Extrait: 

<<Voici des hommes dans une habitation souterraine en forme de grotte, qui a son entrée en longueur, ouvrant à la lumière du jour l’ensemble de la grotte ; ils y sont depuis leur enfance, les jambes et la nuque pris dans des liens qui les obligent à rester sur place et à ne regarder que vers l’avant, incapables qu’ils sont, à cause du lien, de tourner la tête ; leur parvient la lumière d’un feu qui brûle en haut et au loin, derrière eux ; et entre le feu et les hommes enchaînés, une route dans la hauteur, le long de laquelle voici qu’un muret a été élevé, de la même façon que les démonstrateurs de marionnettes disposent de cloisons qui les séparent des gens ; c’est par-dessus qu’ils montrent leurs merveilles. ......>>

 

 

<<Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l'éblouissement  l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste? si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige, à force de questions, à dire ce que c'est? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant ?>>

 

<<Et si on le force à regarder la lumière elle-même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés? n'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'on lui montre ?>>

 

 

 

 

<<En effet, repris-je, un homme sensé se rappellera que les yeux peuvent être troublés de deux manières et par deux causes opposées : par le passage de la lumière à l'obscurité, et par celui de l'obscurité à la lumière; et ayant réfléchi qu'il en est de même pour l'âme, quand il en verra une troublée et embarrassée pour discerner certains objets, il n'en rira pas sottement, mais examinera plutôt si, venant d'une vie plus lumineuse, elle est, faute d'habitude, offusquée par les ténèbres, ou si, passant de l'ignorance à la lumière, elle est éblouie de son trop vif éclat; dans le premier cas il l'estimera heureuse en raison de ce qu'elle éprouve et de la vie qu'elle mène; dans le second, il la plaindra, et s'il voulait rire à ses dépens, ses moqueries seraient moins ridicules que si elles s'adressaient à l'âme qui redescend du séjour de la lumière .
C'est parler, dit-il, avec beaucoup de sagesse.>>

 

 

 

Cette caverne dans laquelle nous sommes pris au piège, c’est l’illusion. Platon affirme nous vivons tous dans l’illusion. Nous sommes prisonniers de nos jugements, de fausses idées reçues, de croyances… Et tout ça, ça nous empêche de vivre dans la vérité ; puisque ce que nous croyons savoir est faux, notre rapport avec le réel est donc complètement erroné.

Dans la caverne, les humains sont enchaînés de sorte qu'ils ne « peuvent voir que devant eux ». Une lumière leur vient de derrière eux, d'un feu allumé sur une hauteur. La lumière extérieure passe par une ouverture de la caverne, de sorte que le corps de chaque prisonnier projette son ombre sur les parois. Les enchaînements représentent les croyances, certitudes, convictions, préjugés et autres a priori. La difficulté à rompre les chaînes est la métaphore de la difficulté de se défaire de ce qu'elles représentent, et traverse les âges dans les préoccupations des philosophes.

 

Il s'agit de tourner l'âme du jour ténébreux vers le vrai jour , cette conversion de « l'œil de l'âme », « de la partie la plus noble de l'âme » est répétée maintes fois par Platon ; puis, il faudra monter par le raisonnement pur, dépouillé de toute trace de sensation, jusqu'aux réalités intelligibles, et parvenir à la connaissance des Idées, et plus particulièrement de l'Idée de Bien, « cause universelle de toute rectitude et de toute beauté » .

Dans l'Alcibiade majeur  ,Platon va justement chercher à répondre à cette question à travers l'image de l'oeil il va comparer l’âme a l’œil : l’œil c’est ce qui a la faculté de tout voir, mais qui ne peut pas se voir lui-même immédiatement. Il lui faut la médiation d’un miroir. Or, au fond de l’œil il y a justement un miroir, qui permet à celui qui me regarde en face dans les yeux de se voir lui-même. De même, l’âme a la faculté de tout connaître, mais qui ne se connaît pas elle-même, et qui ne peut se rapporter à elle même qu’a travers un miroir, quel est le miroir de l’âme ? Platon ici fait un jeu de mots : le mot grec choré, qui signifie pupille, désigne également la personne aimée.  . Autrement dit, c’est dans l’amour/amitié que l’âme s’apparaît à elle-même, qu’elle se connaît.

 


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Le Banquet 

Socrate, invité à un festin, retrouve des amis. Au cours de cette soirée, les convives décident de prendre tour à tour la parole pour répondre à la question « qu’est-ce que l’amour ? ».

“Ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets de l’amour”

 

 

 

C’est ici que l’on trouve le célèbre mythe d’Aristophane :

 

 

« Jadis notre nature n’était pas ce qu’elle est actuellement. D’abord il y avait trois espèces d’hommes, et non deux comme aujourd’hui : le mâle, la femelle, et en plus de ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd’hui, l’espèce a disparu. c’était l’espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, dont elle était formée. De plus chaque homme était de forme ronde sur une seule tête, quatre oreilles, deux organes de la génération, et tout le reste à l’avenant. 

Ils étaient aussi d’une force et d’une vigueur extraordinaire, et comme ils étaient d’un grand courage, ils attaquèrent les dieux et (…)tentèrent d’escalader le ciel (…)Alors Zeus délibéra avec les autres dieux sur le parti à prendre. Le cas était embarrassant ; ils ne pouvaient se décider à tuer les hommes et à détruire la race humaine à coups de tonnerre, comme ils avaient tué les géants ; car c’était mettre fin aux hommages et au culte que les hommes leur rendaient ; d’un autre côté, ils ne pouvaient plus tolérer leur impudence.

Enfin, Zeus ayant trouvé, non sans difficulté, une solution, (…)il coupa les hommes en deux. Or, quand le corps eut été ainsi divisé, chacun, regrettant sa moitié, allait à elle ; et s’embrassant et s’enlaçant les uns les autres avec le désir de se fondre ensemble (…)

C’est de ce moment que date l’amour inné des êtres humains les uns pour les autres : l’amour recompose l’ancienne nature, s’efforce de fondre deux êtres en un seul, et de guérir la nature humaine. (…) Notre espèce ne saurait être heureuse qu’à une condition, c’est de réaliser son désir amoureux, de rencontrer chacun l’être qui est notre moitié, et de revenir ainsi à notre nature première. »

 

 

 

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Le tonneau (Gorgias) : Platon compare l'âme à un tonneau. Supposons que j'aie un tonneau percé, quel que soit les efforts que je fais pour le remplir je suis condamné à l'échec. De même si mon âme est corrompue,  pervertie, quel que soient les efforts que je ferai pour satisfaire mes désirs et être heureux, mes efforts  seront vains. Voilà pourquoi de même qu'avant de chercher à remplir un tonneau, il faut commencer à en prendre soin, le réparer, pour ensuite pouvoir le remplir aisément, de même avant de satisfaire ses désirs, il faut d'abord prendre soin de son âme, il faut se connaître soi-même. La connaissance de soi est donc la condition du bonheur et une fois qu'on se connaît soi-même il devient facile d'être heureux.

 

 

Attelage (Phèdre) : Platon compare l'homme à un attelage composé d'un cocher et de deux chevaux ailés, un blanc un noir. Le cheval blanc est docile et il adore s’élever en revanche le cheval noir n'en fait qu'à sa tête et dès qu'il voit au sol un objet qui lui plaît, il fonce vers lui provoquant la chute de l'attelage. Platon insiste sur l'idée qu'il ne sert à rien de brimer en permanence le cheval noir parce qu'il va devenir de plus en plus rétif. En fait, il faut faire en sorte que les deux chevaux aient le même objectif. De même l'homme est un attelage composé d'une âme, d'une raison et de désirs. Il ne sert à rien de lutter en permanence contre ses désirs parce que soit on n’avance pas soit on tombe, il faut donc allier les désirs avec la raison. En clair, on ne peut pas être heureux si on commence par être ennemi avec soi-même. Pour être heureux il faut être en accord, en paix avec soi-même.

 

 

 

 

Voilier (République, I) : Dans un voilier,  c'est le pilote qui doit utiliser la force des vents et des courants pour aller là où il veut. Supposons qu'il n'y ait pas de pilote,  le bateau va être à la merci des vents et des courants, il va finir soit par sombrer soit par s'échouer. De même,  en l'homme c'est la raison qui doit être le pilote. Un homme sans raison c'est comme un bateau sans pilote donc il finit par éhouer.  C’est la raison, en nous, qui doit décider et donc il ne faut pas se laisser emporter par ses désirs. De même que le bon pilote peut décider de naviguer contre vents et marées, on peut, si on juge cela plus raisonnable, décider d'aller en l'encontre des désirs mais cela au prix d'énormément d'efforts. L'idéal, pour Platon, c’est de savoir surfer sur la vague de nos désirs pour mieux se laisser porter et aller où l'on veut.

 

 


 

 

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Platon mourut à Athènes en 347 av J.C, au cours d'un repas de noce. Il était alors plongé dans la rédaction de l’ouvrage Les Lois.

Après sa mort, il fut divinisé, et considéré comme un fils du dieu Apollon.

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Par le "connais toi toi-même" Socrate et Platon nous invitent  à l'introspection ,à nous connaitre ,à accoucher de nous mêmes ,en nous regardant en face ,sans mensonge .

L'âme est "un oeil qui voit tout ", l'âme est comme un tonneau dont il faut prendre soin avant de satisfaire ses désirs .La raison doit être le bon pilote de l'âme pour le guider dans ses désirs . 

 

 

la vérité est la priorité pour être heureux mais la vérité dérange ! Certaines personnes préfèrent vivre dans l’ignorance. Elles ne veulent pas savoir pour ne pas souffrir, ne pas voir pour ne pas pleurer. Les personnes qui préfèrent vivre dans le mensonge ont peur d’assumer la vérité et de ne pas savoir gérer une situation difficile.

 Ne dîtes jamais le contraire de ce que vous pensez, ne mentez pas si vous souhaitez être heureux et n’ayez jamais peur de la vérité, car seule la vérité pourra vous rendre libre et vous permettra de grandir en tant que personne.

 

 

Pilate à Jesus  :« Qu’est-ce que la vérité ? 

 

Jesus : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »

 

 

« En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8:34-36).

 

 « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Matthieu 24:35).

 

ANNE VR(-_-)XX

 

 

 

 

 



22/04/2020
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