Anne Vallery-Radot = Rubriques

Anne Vallery-Radot = Rubriques

SIGMUND FREUD : LE PÈRE DE LA PSYCHANALYSE

 

 

 

 

Capture d’écran 2020-03-28 à 18.05.49.png

 

 

Sigmund Freud est né le 6 mai 1856 , sa famille est originaire de Galicie, il est le troisième fils de Jakob Freud, négociant, certainement marchand de laine, et d'Amalia Nathanson (1836-1931), il est le premier enfant de son dernier mariage.

Sigmund est l'aîné de la famille , composée de cinq filles ,Anna, Rosa, Mitzi, Dolfi et Paula et de deux garçons, Julius, mort dans sa première année de vie, et Alexander.

 

Sa famille suit la religion des juifs viennois mais il n'est pas élevé dans le strict respect de l'orthodoxie juive. Bien que circoncis à la naissance, il reçoit une éducation éloignée de la tradition et ouverte à la philosophie des Lumières.

Il parle l'allemand, le yiddish et semble connaître l'espagnol à travers un dialecte mêlé d'hébreu alors couramment employé dans la communauté séfarade de Vienne, bien qu'il fût lui-même ashkénaze 

 

 

Freud est un élève brillant, premier de sa classe pendant les 7 dernières années de scolarité secondaire au lycée communal « Sperlgymnasium ».

Il a pour professeurs le naturaliste Alois Pokorny, l'historien Annaka, le professeur de religion juive Samuel Hammerschlag et le politicien Victor von Kraus. Il obtient la mention « excellent » à son examen de maturité en 1873.

Après avoir choisi le droit sous l'influence d'un de ses amis, Heinrich Braun, il s'oriente ensuite vers une carrière de zoologiste après avoir écouté la lecture d'un poème intitulé Nature, alors attribué à Goethe.

Cependant il choisit la médecine et s'inscrit à l'université de Vienne à la rentrée d'hiver 1873. Il se passionne pour la biologie darwinienne, qui servira de modèle à toutes ses études. Après huit années  au lieu des cinq ,il obtient son diplôme de médecine .

 

Neurones et Cocaïne

 

 Freud concentre ses travaux sur deux choses :

-les neurones .  

- la cocaïne .

 Freud découvre les théories positivistes d'Emil du Bois-Reymond, dont il devient un adepte, et qui expliquent la biologie par des forces physico-chimiques dont les effets sont liés à un déterminisme rigoureux .

La découverte de l'alcaloïde de la plante de coca est contemporaine des recherches de Freud, qui cherche à l'utiliser pour la guérison psychique.

En 1884, les laboratoires Merck confient à Freud la charge de mener des expérimentations sur la substance.

Avant de créer la psychanalyse, Freud a étudié ce produit et a pensé pouvoir lui prêter toutes sortes d'indications médicales — notamment dans le traitement de la neurasthénie.

Freud travaille sur les propriétés anesthésiantes de la cocaïne avec deux collègues, Carl Köller et Leopold Königstein, dès 1884.

 

 A l'époque, cette substance, récente, n'est pas interdite, la consommation de divers produits à la cocaïne est chose courante ,le Coca-Cola en contiendra jusqu'en 1903, et apparaissait à certains médecins américains comme une panacée.

Freud en a usé et a même rédigé un texte sur cette drogue : « Über Coca ». Il en a également prescrit en application nasale jusqu'en 1895, date à laquelle il entame son auto-analyse:

L’engouement du jeune Freud pour la recherche a commencé avec l’usage de la cocaïne sur sa propre personne, ce qui était une habitude fréquente dans la médecine d’alors, en vue de tester les propriétés d’un nouveau médicament. Les effets de la drogue étaient particulièrement faits pour plaire à Freud ; lui, qui se plaignait de ses céphalées et de sa neurasthénie, y trouvait un remède souverain. Freud utilisait la cocaïne sur et pour
lui-même, mais aussi en vue de se faire un nom dans la communauté scientifique et trouver un moyen de reconnaissance symbolique.

Son étude des propriétés de la cocaïne débute en avril 1884 et il en fera un usage qui se poursuivra pendant douze années. Il s’enthousiasme pour la cocaïne (qui n’est pas encore considéré comme une drogue festive) et se déclarera favorable à son usage dans le traitement de la neurasthénie, comme dynamisant et comme anesthésiant.
Il en fera de son côté un usage créatif et mondain, annonçant des pratiques que notre société connaît bien. l’inventeur de la psychanalyse défend la coca contre ceux qui l’accusent d’être un produit dangereux.

Enfin, dans les lettres à Martha Bernays, sa future femme, on découvre un Freud intime et amoureux, racontant comment il échappe aux dîners ennuyeux grâce à cette chère substance, capable de lui « délier la langue »

 

Cependant dans un article datant de 1886, le Dr Albrecht Erlenmeyer met en garde la communauté médicale en termes précis, qualifiant la cocaïne de« troisième fléau de l'humanité »

 

 

 Freud tenta de guérir un de ses amis de sa morphinomanie en lui conseillant de prendre de la cocaïne, mais ce dernier « sombra dans une cocaïnomanie pire que sa morphinomanie antérieure » et mourut en 1891 très détérioré physiquement et mentalement. Freud en gardera une grande culpabilité .

 

 

 

 Martha

 Capture d’écran 2020-03-28 à 18.28.14.png

 

 

 

Sigmund Freud  rencontre Martha Bernays, issue d'une famille commerçante juive, en juin 1882 et, très tôt les conventions familiales alors en vigueur obligent les deux fiancés à se marier,(ils se marient en 1886) , leur situation financière est très précaire et Freud a accepté son alliance avec Martha Bernays à condition d'avoir son cabinet de consultation.

Freud et Martha auront six enfants : Mathilde (1887-1978), Jean-Martin (1889-1967), Oliver (1891-1969), Ernst (1892-1970), Sophie (1893-1920) et Anna Freud (1895-1982).

 

 

En octobre 1882, Freud entre dans le service de chirurgie de l'hôpital de Vienne, alors l'un des centres les plus réputés du monde, il travaille comme aspirant, sous la responsabilité du médecin Nothnagel et ce jusqu'en avril 1883. Il obtient le titre de Privat-docent en neuropathologie.

Puis en 1883 Il est nommé Sekundararzt au service de psychiatrie de Theodor Meynert dans lequel il poursuit des études histologiques sur la moelle épinière, jusqu'en 1886.

 

 

 

 Jean-Martin Charcot

Capture d’écran 2020-03-28 à 18.06.43.png

 Jean-Martin Charcot est un neurologue français, professeur d'anatomie pathologique et académicien. Découvreur de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative à laquelle son nom a été donné dans la littérature médicale francophone, il est le fondateur avec Guillaume Duchenne de la neurologie moderne et l'un des grands promoteurs de la médecine clinique, une figure du positivisme.

Ses travaux sur l'hypnose et l'hystérie, à l'origine de l'École de la Salpêtrière, ont inspiré à la fois Pierre Janet dans ses études de psychopathologie et Sigmund Freud.

 

Charcot,, entend faire entrer l’hypnose dans le champ de la science, comme l’hystérie. Les hystériques sont encore considérées comme des simulatrices après avoir été longtemps tenues pour des possédées du démon et traitées comme telles…

 

 

Freud décide de poursuivre sa formation à Paris, dans le service de Jean-Martin Charcot à l'hôpital de la Salpetrière. Admirateur du neurologue français, qu'il rencontre la première fois le , il lui propose de traduire ses écrits en allemand.

Dès lors, Charcot le remarque et l'invite à ses somptueuses soirées du faubourg Saint-Germain. Freud quitte Paris le 28 février 1886 et gardera de la fierté d'avoir connu Charcot et restera en contact épistolaire avec lui.

De retour à Vienne la même année ,en avril , Il rédige son rapport sur l'hypnotisme, tel qu'il est pratiqué par l'École de la Salpetrière, devant les membres du Club de physiologie et devant ceux de la Société de psychiatrie. 

 

Pour Freud, la névrose traumatique appartient au champ de l'hystérie masculine. La Société s'insurge contre cette opinion qui est, de plus, déjà connue des neurologues viennois. Selon Ellenberger, l'idéalisation de Freud pour Charcot lui vaut l'irritation de la Société des médecins de Vienne , agacée par son attitude hautaine.

Blessé, Freud présente alors à la Société des médecins ,un cas d'hystérie masculine afin d'étayer sa théorie. La Société l'entend de nouveau, mais l’éconduit. Contrairement à une certaine légende autour de cet événement, Freud ne se retire pas de la Société ; il en devient même membre le .

 

 

 

 Wilhelm Fliess

 Capture d’écran 2020-03-28 à 18.35.11.png

 Freud er Fliess 

Freud  fait la rencontre de Wilhelm Fliess, un médecin de Berlin qui poursuit des recherches sur la physiologie et la bisexualité, avec lequel il entretient une correspondance scientifique amicale, mais toutefois ambiguë.

Wilhelm Fliess est spécialise en oto-rhino-laryngologie et lie les pathologies du nez et des organes génitaux (théorie de la "névrose nasale réflexe"). Il expérimente aussi la cocaïne par voie nasale pour traiter certains symptômes algiques.

Par ailleurs, la famille Freud accumule les dettes, le cabinet médical n'attirant pas une abondante clientèle. 

En 1889, Freud se dit très seul ; il ne peut communiquer réellement qu'avec ses amis Josef Breuer et Jean Leguirec.

Ainsi il écrit :

 « j'étais totalement isolé. À Vienne on m'évitait, à l'étranger on ne s'intéressait pas à moi ».

Hippolyte Bernheim

Capture d’écran 2020-03-29 à 16.19.05.png


À partir de ce moment, la pensée de Freud évolue :

la fréquentation de l'école de Bernheim en 1889 va le détourner de Charcot. Freud se prononce contre une interprétation matérialiste de l'hypnose qu'il défend à l'encontre du dénigrement dont elle fait l'objet de la part de ses adversaires :

il traduit l'ouvrage d'Hippolyte BernheimDe la suggestion et des applications thérapeutiques et aborde la technique de l'hypnose.

Il se rend à Nancy, à l'école de Bernheim, et rencontre Ambroise-Auguste Liébeault en 1889 pour confirmer son opinion sur l'hypnose. Il y apprend que les hystériques conservent une forme de lucidité envers leurs symptômes, savoir qui peut être mobilisé par l'intervention d'un tiers, une idée qu'il reprend ultérieurement dans sa conception de l'inconscient, mais il conclut que l'hypnose n'a que peu d'efficacité dans le traitement général des cas pathologiques.

Il pressent que le passé du patient doit jouer un rôle dans la compréhension des symptômes. Il préfère la « cure par la parole » de son ami Breuer.

Après cette visite, il participe, en juillet, au Congrès international de psychologie de Paris.

 

 

 Josef Breuer

 

Capture d’écran 2020-03-28 à 18.40.27.png
Capture d’écran 2020-03-28 à 18.44.39.png

 

 

 

En 1895, Josef Breuer et Freud publient leur Études sur l'hystérie qui regroupent les cas traités depuis 1893, dont celui d'Anna O..

 

Josef Breuer est un médecin autrichien qui a découvert le mécanisme de l'autorégulation de la respiration et celle du contrôle des postures du corps par le labyrinthe.

 

Cette patiente de Breuer, de son vrai nom Bertha Pappenheim, est présentée comme un exemple type de cure cathartique.

Avant de devenir la cure psychanalytique au sens strict, Freud a en effet dû abandonner la suggestion et l'hypnose, puis la méthode cathartique de Breuer, et prendre en compte le transfert, c'est-à-dire la reviviscence des émois pulsionnels de l'enfance du patient refoulés qui sont déplacés et adressés à l'analyste.

C'est en effet le transfert qui met Freud sur la voie d'une nouvelle approche, la reviviscence du vécu infantile refoulé qui anime le transfert informant sur la nature du conflit psychique dans lequel le patient est pris.

 

 

 

 

le « complexe d'Œdipe Freud »

 

Après la mort de son père le , Freud s'intéresse exclusivement à l'analyse de ses rêves et se livre à un « travail de fouille dans son passé ».

Nourrissant de la culpabilité envers son père, il entreprend une auto-analyse. Il dit tenter d'analyser sa « petite hystérie » et ambitionner de mettre au jour la nature de l'appareil psychologique et de la névrose.

Lors de cette auto-analyse, et après avoir abandonné sa théorie de l'hystérie, ses souvenirs d'enfance affluent:

Celui de sa nourrice lui permet de développer la notion de « souvenir écran » par exemple alors qu'il voit dans les sentiments amoureux pour sa mère et dans sa jalousie pour son père une structure universelle qu'il rattache à l'histoire d'Œdipe et d'Hamlet.

Ses analyses de patients lui apportent des arguments dans l'édification d'une nouvelle conception, qui lui permet de revoir et l'hystérie et les obsessions. La correspondance avec Fliess témoigne de cette évolution de sa pensée ; c'est notamment dans une lettre du  que Freud évoque pour la première fois le « complexe d'ŒdipeFreud ».

Le neurologue viennois explique ainsi :

 « J’ai trouvé en moi comme partout ailleurs des sentiments d’amour envers ma mère et de jalousie envers mon père, sentiments qui sont, je pense, communs à tous les jeunes enfants ».

 

 

« Le complexe d'Œdipe est sans doute le mot le plus célèbre du vocabulaire psychanalytique, celui qui sert le plus sûrement à désigner le freudisme ».

Freud théorise le complexe d'Œdipe dans sa première topique. Celui-ci est défini comme le désir inconscient d'entretenir un rapport sexuel avec le parent du sexe opposé (c'est l'inceste) et celui d'éliminer le parent rival du même sexe (le parricide).

Ainsi, le fait qu'un garçon tombe amoureux de sa mère et désire tuer son père répond à l'impératif du complexe d'Œdipe.

C'est dans la lettre à Wilhelm Fliess du  que Freud évoque le complexe pour la première fois, mais c'est dès 1912 et 1913 que « l'Œdipe » est entré totalement dans la pensée clinique de Freud. Ce dernier s'attache à en étudier l'universalité, dans l'ouvrage Totem et Tabou. Freud y avance la thèse suivante :

celle de la « vocation civilisatrice du complexe », résumée par Roger Perron : « en des temps très anciens les humains étaient organisés en une horde primitive dominée par un grand mâle despotique qui monopolisait les femmes et en écartait les fils, fût-ce au prix de la castration. »

 

 

Les pulsions et le refoulement

 Concept fondamental de la métapsychologie » freudienne, la pulsion répond à une définition polysémique. Excitation psychique, concept-frontière entre psychique et somatique, elle se définit par une poussée , un but , un objet et une source.

Elle conditionne la représentation ainsi que l'affect. Les pulsions prennent leur source dans une excitation corporelle et, en cela, elles sont proches de l'instinct.

Au contraire d'un stimulus, la pulsion ne peut être évitée ou fuie et demande à être déchargée dans le conscient. Il existe selon Freud trois moyens de décharger une pulsion : par le rêve, par le fantasme et par la sublimation.

Freud distingue d'abord deux groupes de pulsions :

-celles du Moi ou d'auto-conservation et les pulsions sexuelles.

Par la suite, et dans ses écrits les plus tardifs, il distingue deux autres grands types de pulsions :

-la pulsion de vie ou l'« Éros » et la pulsion de mort le « Thanatos ».

L'Éros représente l’amour, le désir et la relation, tandis que le Thanatos représente la mort, les pulsions destructrices et agressives. Le Thanatos tend à détruire tout ce que l'Éros construit , la perpétuation de l’espèce par exemple. Le masochisme en est un exemple typique.

 

 

 

 

 

 Capture d’écran 2020-03-29 à 15.44.03.png

 

 

 

 

L'Interprétation du rêve

 

 

1898, qu'il compte publier un ouvrage sur l'analyse des rêves, et, après une période de dépression, il publie L'Interprétation du rêve « Die Traumdeutung ».

Il s'agit d'un ouvrage « autobiographique » dans la mesure où Freud se base en partie sur le matériel de ses propres rêves.

 

Selon Freud, l'« interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance de l'inconscient ».

Les rêves sont en effet, dans le modèle psychanalytique, des représentations de désirs refoulés dans l’inconscient par la censure psychique (le Surmoi).

 

 

Capture d’écran 2020-03-29 à 15.45.03.png

 

 

Les désirs se manifestent ainsi dans le rêve de manière moins réprimée qu'à l'état de veille. Le contenu manifeste du rêve est le résultat d'un travail intrapsychique qui vise à masquer le contenu latent, par exemple un désir œdipien.

En cure de psychanalyse, le travail repose sur l'interprétation à partir du récit (contenu manifeste) du rêve. Les associations du patient sur son rêve permettent de révéler son contenu latent ; ce « travail du rêve » (Traumarbeit) repose sur quatre procédés fondamentaux. Tout d'abord, le rêve condense, comme s'il obéissait à un principe d'économie psychique, c'est-à-dire qu'une seule représentation concentre plusieurs idées, plusieurs images, parfois même des désirs contradictoires.

Deuxièmement, le rêve est décentré et le désir déformé est fixé sur un autre objet que celui qu'il vise, ou sur de multiples objets jusqu'à l'éparpillement, ce qui constitue « un déplacement de l'accent affectif ». Par ailleurs, le rêve est une illustration (ou « figurabilité ») du désir dans le sens où il ne l'exprime ni en mots ni en actes, mais en images ; le symbole onirique selon la psychanalyse est donc une « représentation substitutive de l'objet et du but du désir (...) typique et d'usage universel ».

Enfin, le rêve est aussi le produit d'une activité inconsciente, mais très proche de l'activité vigile en ce qu'elle s'efforce de lui donner une apparence de vraisemblance, d'organisation, de logique interne (c'est l'« élaboration secondaire »).

 

 

 

 

 Capture d’écran 2020-03-29 à 15.45.44.png

 

 

 

 

 

 

La sexualité dans l'étiologie des névroses et la libido 

Cette période d'auto-analyse mêlée de névrose est, selon Henri Ellenberger, caractéristique de la « maladie créatrice », phase de dépression et de travail intense qui a permis à Freud d'élaborer la psychanalyse en dépassant ses problèmes personnels.

En novembre 1898, Freud se préoccupe des phases infantiles à dominante sexuelle dans son œuvre « Die Sexualität in der Ätiologie der Neurosen » La sexualité dans l'étiologie des névroses.

Dans cet ouvrage, Freud utilise le terme de « psychonévrose » délimité de la « neurasthénie »

 

 

En 1904, il publie Psychopathologie de la vie quotidienne. En septembre, il se rapproche d'Eugen Bleuler, de Zurich, et leur correspondance scientifique s'accroît.

Les traitements engagés par Freud sur la base de ces hypothèses l'avaient déjà conduit à découvrir que tous ses patients n’ont pas subi de réels traumatismes sexuels dans leurs enfances : ils évoquent des fantasmes et racontent un « roman familial » auquel ils croient.

Simultanément, il découvre que certains patients semblent ne pas pouvoir guérir. Ils résistent notamment en répétant et en transposant des sentiments anciens vers l'analyste : mécanisme que Freud appelle le « transfert » qu'il voit encore, et essentiellement, comme un frein à la guérison.

 

En 1905 il publiera Trois essais sur la théorie sexuelle, qui rassemble ses hypothèses sur la place de la sexualité et son devenir dans le développement de la personnalité.

La sexualité infantile constitue un élément important de la psychanalyse. Il publie également Fragment d'une analyse d'hystérie, qui constitue un compte-rendu du cas d'Ida Bauer, qui illustre le concept de transfert psychanalytique.

 

 

Les pulsions sexuelles sont conçues par Freud comme une énergie, qu'il nomme « libido »ou « le désir » en latin.

Ces pulsions sont susceptibles de maintes transformations et adaptations selon la personnalité et l'environnement. La libido est en effet essentiellement plastique et son refoulement est le plus souvent à l'origine des troubles psychiques alors que sa sublimation explique les productions culturelles, intellectuelles et artistiques de l’humanité.

La doctrine freudienne de la libido a souvent été critiquée comme étant un « pansexualisme » matérialiste. Constituant le socle de la métapsychologie freudienne, le concept de libido, décrit dansTrois essais sur la théorie sexuelle (1905/1915/1920), est lié à celui de pulsion : 

« La théorie de la libido permet de prendre la mesure de la complexité de la sexualité humaine, dont le caractère biphasique interdit de la réduire à une fonction biologique », et ce, même si la prise en compte de la fonction de procréation est à considérer. En effet, sa nature est prégénitale et symbolique, et sa fixation conditionne la formation de la névrose.

 

 

 Freud explique : « l'homosexualité n'est pas un avantage, mais ce n'est pas non plus quelque chose dont on doit avoir honte, ce n'est ni un vice ni une dégradation et on ne peut pas non plus la classer parmi les maladies . » 

Cependant, dans l'ensemble de l'œuvre freudienne, il existe plusieurs théories et questionnements sur la naissance de l'homosexualité chez le sujet : l'homosexualité adulte y est présentée tantôt comme immature par blocage de la libido au stade anal, tantôt comme repli narcissique ou encore comme identification à la mère.

Freud a en effet affirmé à une certaine époque que l'homosexualité résulte d'un « arrêt du développement sexuel. » Puis il a fini par conclure que l'homosexualité est un choix d'objet inconscient.

 

 

 

Seule la culpabilité qui l'accompagne peut donner lieu à une névrose . Enfin, dans une note de 1915 aux Trois essais sur la théorie sexuelle, il explique également que « la recherche psychanalytique s’oppose avec la plus grande détermination à la tentative de séparer les homosexuels des autres êtres humains en tant que groupe particularisé. […] Elle apprend que tous les êtres humains sont capables d’un choix d’objet homosexuel et qu’ils ont effectivement fait ce choix dans l’inconscient

 

 Capture d’écran 2020-03-28 à 18.14.44.png

 

 

 Yung :« successeur et prince héritier-Freud  »

Freud tient une série de conférences aux USA en 1909 à l'université Clark à WorcesterMassachusetts, en compagnie de Carl Gustav Jung, Ernest Jones et Sándor Ferenczi. Freud et Jung se voient honorés du titre de « LL. D. ».

C'est à ce moment qu'il désigne explicitement Jung comme son « successeur et prince héritier-Freud  ».

Freud déclarera alors que le mérite de l'invention de la psychanalyse revient à Josef Breuer mais il précisera par la suite qu'il considère que le « procédé cathartique » de Breuer constitue une phase préliminaire à l'invention de la psychanalyse et qu’il en est bien l’inventeur à partir du rejet de l’hypnose et de l’introduction de l’association libre.

 

 

 

Capture d’écran 2020-03-28 à 18.48.41.png

 

 

  l'inconscient, le préconscient et le conscient :

          -le ça      -le moi     -le surmoi

Freud propose le fonctionnement psychique  en 1920, il distingue trois instances :

l'inconscient, le préconscient et le conscient. Dans la seconde topique, l'appareil psychique comprend le Ça, le Moi et le Surmoi, trois instances supplémentaires fondatrices de la psychanalyse.

Le Ça  est présent dès la naissance ; il s’agit de manifestations somatiques. Si le Ça est inaccessible à la conscience, les symptômes de maladie psychique et les rêves permettent d’en avoir un aperçu. Le Ça obéit au principe de plaisir et recherche la satisfaction immédiate.

Le Moi (Ich) est en grande partie conscient, il est le reflet de ce que nous sommes en société ; il cherche à éviter les tensions trop fortes du monde extérieur ainsi que les souffrances, grâce, notamment, aux mécanismes de défense (refoulementrégressionrationalisationsublimation, etc.) se trouvant dans la partie inconsciente de cette instance. Le Moi est l’entité qui rend la vie sociale possible. Il suit le principe de réalité.

Bien que le Surmoi (Über-Ich) existe depuis la naissance et que, jusqu'à cinq ans, l’enfant héritant de l’instance parentale, groupale et sociale emmagasine quantité de règles de savoir-vivre à respecter, le Surmoi se développe particulièrement lorsque lecomplexe d'Œdipe est résolu.

Du fait des pressions sociales, en intériorisant les règles morales ou culturelles de ses parents et du groupe, l’enfant, puis l'adulte pratiquent le refoulement. En effet, le Surmoi punit le Moi pour ses écarts par le truchement du remords et de la culpabilité.

 

 

 

La psychothérapie psychanalytique

 

 

La cure psychanalytique ou psychanalyse  met en œuvre tous les concepts dégagés par Freud, et en particulier ceux de « libre association » et de neutralité.

L'analyste doit laisser les idées spontanées du patient s'exprimer, il doit écouter sans rien dire — et encore moins faire — qui ne perturbe les associations de l'analysant et d'« attention flottante » l'attention de l'analyste ne doit pas se focaliser sur un élément ou un autre du discours de l'analysant, mais rester attentif aux éléments inconscients qui pourraient surgir.

Par ailleurs, le cadre éthique de l'analyse repose sur la sincérité du patient ainsi que sur l'engagement du psychanalyste à la neutralité et à la bienveillance.

L’unique but de l’analyse est donc, par le travail élaboratif du patient et le travail interprétatif du psychanalyste, de supprimer le refoulement qui crée la répétition ; mais l'analysé ne peut prendre conscience du refoulement que si, auparavant, a été supprimée la résistance qui le maintient  .

 

 Capture d’écran 2020-03-29 à 14.16.11.png

Adler et Yung 

Alfred Adler fonde ensuite la psychologie individuelle et Carl Gustav Jung,  la psychologie analytique.

Les points théoriques de désaccord sont nombreux, liés à la libido, au complexe d'Œdipe ou encore à l'importance de la sexualité dans le psychisme.

 

Capture d’écran 2020-03-29 à 14.17.07.png

 

 

Ces controverses se situent dès les années 1907 et 1911. Nommés les « apostats » par Freud, Adler, le premier, puis Jung ensuite, s'opposent à la conception de la libido comme essentiellement d'origine sexuelle et qu'ils voient plutôt comme une « pulsion de vie » au sens large.

Freud craint par-dessus tout que les dissidents ne détournent la théorie et la pratique psychanalytique. Paul-Laurent Assoun souligne en effet que tous deux disent vouloir remettre la psychanalyse dans la bonne direction, et la sauver du culte de la personnalité formé autour de Freud.

La concurrence entre les diverses écoles, principalement entre le cercle viennois et l'école de Zurich de Jung, porte le coup le plus rude au jeune mouvement psychanalytique, et ce dès 1913, avec la défection de Jung.

 

Capture d’écran 2020-03-29 à 15.28.44.png

 

Les autres divergences internes se rapportent par exemple à la précocité du Surmoi telle que la décrit Melanie Klein ou Donald Winnicott, avec qui, en s'émancipant de l'héritage freudien tout en intégrant ses apports, commence le post-freudisme.

L'opposition avec Wilhelm Reichporte elle essentiellement sur des différences foncières concernant la pratique de la cure psychanalytique, notamment à propos de la règle d'abstinence.

 

 

 Capture d’écran 2020-03-29 à 14.17.47.png

 

 

 

Lou Andréas- Salomé

 

Capture d’écran 2020-03-28 à 20.37.56.png

Lou Andréas- Salomé et Freud 

 Rencontre avc Sigmund Freud en 1911 à Weimar au Congrès de l' International Psychoanalytical Association(IPA), grâce à Poul Bjerre.

En 1912, elle assiste à Vienne, où elle s'est installée, aux réunions du mercredi chez Freud.

Aux côtés de Viktor Tausk, elle va s'initier à la pratique psychanalytique tout en rencontrant des intellectuels viennois.

En dehors de Freud, Lou est « très impressionnée par Sandor Ferenczi et Viktor Tausk ». Elle devient une amie de la famille Freud et s'attache particulièrement à Anna Freud: la personne de Freud et la psychanalyse constituent toutefois « le point nodal de cette relation ».

Devenue elle-même psychanalyste à Göttingen en Allemagne, Lou Andreas-Salomé continuera « après sa période viennoise » d'entretenir une correspondance suivie avec Freud .

 

 

Capture d’écran 2020-03-28 à 20.45.36.png

 

 

 

 Salomé s'intéresse beaucoup à la question du narcissisme et à la création, notamment dans le rapport de celle-ci avec l'amour1.

Selon Inge Weber, elle « a mis en relief la notion de « double direction » présente chez Freud dans sa conception de la libido » en 1921, « Le narcissisme comme double direction »).

À la suite de Freud, « son fil conducteur est la notion de sexualité dans toute sa portée », d'où son intérêt pour le concept de pulsion.

Pour Marie Moscovici, « ce autour de quoi elle tourne dans tous ses textes » est « la présence du psychique dans le corps »« jonction du « moi » avec ce qui est hors de lui, dans l'acte sexuel, … rapport des pulsions sexuelles et des pulsions du moi dans la vie amoureuse, … relations de la vie sexuelle avec l'activité créatrice ,différemment chez l'homme, chez la femme », ou « ce qui relie le sexuel le plus brut ,l'anal avec la production la plus sublimée, la plus « spirituelle ».

Capture d’écran 2020-03-28 à 20.37.16.png

Les réflexions d'Andreas-Salomé sur la féminité sont regroupées dans l'essai « Du type féminin » en  1914. D'après Inge Weber, Lou Andreas-Salomé « annonce l'utopie d'une culture féminine ».

C'est une femme de lettres germano-russe et l'une des premières femmes psychanalystes. Elle est aussi connue pour ses relations complexes et passionnées avec Friedrich Nietzsche et Rainer Maria Rilke, ainsi que pour sa rencontre importante avec Sigmund Freud qui change le cours de sa vie. 

 

 

 

Einstein 

 Capture d’écran 2020-03-28 à 20.38.47.png

 Einstein et Freud

 

“Pourquoi la guerre ?” (1933)

 

 

ALBERT EINSTEIN:

<<Monsieur et Cher Ami>>

 

 <<Je suis heureux qu’en m’invitant à un libre échange de vues avec une personne de mon choix sur un sujet désigné à mon gré, la Société des Nations et son Institut international de Coopération Intellectuelle à Paris m’aient, en quelque sorte, donné l‘occasion précieuse de m’entretenir avec vous d’une question qui, en l’état présent les choses, m’apparaît comme la plus importante dans l’ordre de la civilisation : Existe-t-il un moyen d’affranchir les hommes de la menace de la guerre  ?>>

<<Un simple coup d’oeil sur l’insuccès des efforts, certainement sincères, déployés au cours des dix dernières années permet à chacun de se rendre compte que de puissantes forces psychologiques sont à l’oeuvre, qui paralysent ces efforts. Certaines d’entre elles sont aisément perceptibles.

L’appétit de pouvoir que manifeste la classe régnante d’un Etat contrecarre une limitation de ses droits de souveraineté. Cet « appétit politique de puissance » trouve souvent un aliment dans les prétentions d’une autre catégorie dont l’effort économique se manifeste de façon toute matérielle. Je songe particulièrement ici à ce groupe que l’on trouve au sein de chaque peuple et qui, peu nombreux mais décidé, peu soucieux des expériences et des facteurs sociaux, se compose d’individus pour qui la guerre, la fabrication et le trafic des armes ne représentent rien d’autre qu’une occasion de retirer des avantages particuliers, d’élargir le champ de leur pouvoir personnel.>>

  

 (.........................)

 

<< Et, pour terminer, ceci encore : je n’ai parlé jusqu’ici que de la guerre entre États, en d’autres termes, des conflits dits internationaux. Je n’ignore pas que l’agressivité humaine se manifeste également sous d’autres formes et dans d’autres conditions (par exemple la guerre civile, autrefois causée par des mobiles religieux, aujourd’hui par des mobiles sociaux, — la persécution des minorités nationales).

Mais c’est à dessein que j’ai mis en avant la forme de conflit la plus effrénée qui se manifeste au sein des communautés humaines, car c’est en partant de cette forme là qu’on décèlera le plus facilement les moyens d’éviter les conflits armés. >>

 

<< Très cordialement à vous.
A. Einstein
 >>

 

Capture d’écran 2020-03-28 à 20.56.48.png

 

 

“Pourquoi la guerre ?” (1933)

 SIGMUND FREUD :

<<Cher Monsieur Einstein >>

 

<< En apprenant que vous aviez l’intention de m’inviter à un échange de vues sur un sujet auquel vous accordez votre intérêt et qui vous semble mériter aussi l’attention d’autres personnes, je n’ai pas hésité à me prêter à cet entretien. Je présumais que vous choisiriez un problème qui fût aux confins de ce que l’on peut connaître aujourd’hui, et auquel nous pussions l’un et l’autre, le physicien et le psychologue, accéder chacun par sa propre voie, de manière à nous rencontrer sur le même terrain, tout en partant de régions différentes. Aussi m’avez-vous surpris en me posant la question de savoir ce que l’on peut faire pour libérer les humains de la menace de la guerre.(........)

 

Capture d’écran 2020-03-29 à 14.05.48.png

 

<<Mais il suffit de jeter un coup d’oeil sur l’histoire de l’humanité pour assister à un défilé ininterrompu de conflits, que ce soit une communauté aux prises avec un ou plusieurs autres groupements, que ce soit entre unités tantôt vastes tantôt plus réduites, entre villes, pays, tribus, peuples, empires, conflits presque toujours résolus par l’épreuve des forces au cours d’une guerre. De telles guerres aboutissent ou bien au pillage, ou bien à la soumission complète, à la conquête de l’une des parties.>>

 

(...............)

 << Et pourtant je voudrais m’attarder encore un instant à notre instinct de destruction, dont la vogue n’est rien en regard de son importance. Avec une petite dépense de spéculation, nous en sommes arrivés à concevoir que cette pulsion agit au sein de tout être vivant et qu’elle tend à le vouer à la ruine, à ramener la vie à l’état de matière inanimée.

Un tel penchant méritait véritablement l’appellation d’instinct de mort, tandis que les pulsions érotiques représentent les efforts vers la vie. L’instinct de mort devient pulsion destructrice par le fait qu’il s’extériorise, à l’aide de certains organes, contre les objets.

 

 

Capture d’écran 2020-03-29 à 14.10.02.png

 

L’être animé protège pour ainsi dire sa propre existence en détruisant l’élément étranger. Mais une part de l’instinct. de mort demeure agissante au-dedans de l’être animé et nous avons tenté de faire dériver toute une série de phénomènes normaux et pathologiques de cette réversion intérieure de la pulsion destructrice.

Nous avons même commis l’hérésie d’expliquer l’origine de notre conscience par un de ces revirements de l’agressivité vers le dedans >>

 

(...................)

<<Je vous salue très cordialement et si mon exposé a pu vous décevoir, je vous prie de me pardonner. 

Votre Sigmund Freud>>

 

 

Capture d’écran 2020-03-28 à 20.57.26.png

 

 

 

 

 

 

 Guerre 39/45

 

En , les ouvrages de Freud sont brûlés en Allemagne lors des autodafés nazis.

Capture d’écran 2020-03-28 à 17.57.15.png

Il refuse de s'exiler jusqu'en mars 1938, lorsque les Allemands entrent à Vienne , le 12 mars.

La Société psychanalytique de Vienne décide alors que chaque analyste juif doit quitter le pays, et que le siège de l'organisation doit être transféré là où réside Freud. Ce dernier décide finalement de s'exiler lorsque sa fille Anna est arrêtée le 22 mars, pour une journée, par la Gestapo.

Grâce à l'intervention de l'ambassadeur américain William C. Bullitt et à une nouvelle rançon versée par Marie Bonaparte, Freud obtient un visa valable pour seize personnes et peut quitter Vienne par l’Orient-Express avec sa femme, sa fille Anna et la domestique Paula Fichtl, le 4 juin. Au moment de partir, il signe une déclaration attestant qu'il n'a pas été maltraité:

 « Je soussigné, Professeur Freud déclare par la présente que depuis l’annexion de l’Autriche par le Reich allemand, j’ai été traité avec tout le respect et la considération dus à ma réputation de scientifique par les autorités allemandes et en particulier par la Gestapo et que j’ai pu vivre et travailler jouissant d’une pleine liberté ; j’ai pu également poursuivre l’exercice de mes activités de la manière que je désirais et qu’à cet effet j’ai rencontré le plein appui des personnes intéressées, je n’ai aucun lieu d’émettre la plus petite plainte. » 

Selon son fils Martin, il aurait ajouté, ironique : « Je puis cordialement recommander la Gestapo à tous. ».

Pour Michel Onfray, ceci relève du « mythe » et de la légende hagiographique. Pour quitter l'Autriche, Freud bénéficie en outre du soutien d'Anton Sauerwald, le commissaire nazi chargé de prendre le contrôle de sa personne et de ses biens : ancien élève de Joseph Hertzig , un professeur et ami de Freud, Sauerwald facilite le départ de Freud et de ses proches pour Londres, où il ira d'ailleurs ensuite le visiter.

Il est parfois reproché à Freud de ne pas avoir indiqué les noms de ses sœurs sur la liste des seize personnes autorisées à quitter l'Autriche, notamment son médecin, la famille de celui-ci, ses infirmières, de sa domestique. Celles-ci, Rosa, Marie, Adolfina et Paula, déjà âgées et ne se sentant pas menacées du fait de leur âge, ne voulaient pas partir, mais elles sont déportées et meurent en camp de concentration.

 

Freud gagne d'abord Paris, où il est accueilli par Marie Bonaparte et son époux, Georges de Grèce, puis Londres, où il est reçue avec tous les honneurs, notamment par l'ambassadeur américain William Bullit, que Freud connaît depuis quelques années déjà.

Freud et sa famille s'installent dans une maison au 20 Maresfield Gardens, dans le quartier londonien de Hampstead.

 

Il sera nommé membre de la Société royale de médecine. Freud reçoit la nomination chez lui, ne pouvant se déplacer, affaibli par un cancer et par trente-deux opérations et traitements successifs.

Freud meurt à son domicile londonien, le , à 3 heures du matin, d’un carcinome verruqueux d’Ackerman, à l'âge de 83 ans.

À sa demande, et avec l'accord d'Anna FreudMax Schur, son médecin personnel, lui a injecté une forte dose, sans doute létale, de morphine.

 

Capture d’écran 2020-03-28 à 17.56.32.png

 

 

Après la mort d'Anna Freud, en 1982, la maison des Freud de Maresfield Gardens est transformé en musée. En 2002, une blue plaque est apposée sur la façade du musée.

 

Capture d’écran 2020-03-29 à 16.46.14.png

 

 

 

 

Il faut distinguer les critiques qui portent sur Freud lui-même ,sa personnalité, son manque de rigueur supposé, de celles qui portent sur la psychanalyse, discipline dont les bases théoriques ,dont le freudisme, ont amené à des écoles, des théorisations, des pratiques fort différentes, aujourd'hui, les unes des autres.

 

Freud propose une explication spéculative méta-psychologique des névroses et des psychoses, qu'il ancre, tout comme le développement psychique général, dans le développement de la sexualité infantile et de ses éventuels conflits : les symptômes névrotiques deviennent ainsi l'expression (symbolique) de conflits inconscients.

 Non seulement cette action symbolique présumée ôte toute signification aux symptômes mais jette aussi les bases d'une exégèse délestée de la réalité, retrouvant ainsi toujours la théorie dans les faits.

 

 

Michel Onfray publie en avril 2010 Le Crépuscule d'une idole :

l'affabulation freudienne, dans lequel il reproche notamment à Freud d'avoir généralisé son cas personnel, d'avoir été un médecin médiocre, d'avoir développé la théorie psychanalytique sans suivre une démarche scientifique, en mentant sur ses observations et sur les guérisons obtenues, aux seules fins d’assurer sa réussite personnelle et financière, et d'avoir fondé la communauté psychanalytique sur des principes quasi-sectaires.

Il souligne également que Freud a signé une dédicace à Benito Mussolini et qu'il a écrit L'homme, Moïse et le monothéisme en plein essor du nazisme et de l'antisémitisme.

 

 

 L'efficacité de la psychanalyse : une question épistémologique, Vannina Micheli-Rechtman

<<Apaiser la souffrance psychique, l’anxiété, l’angoisse, l’état dépressif par un anxiolytique ou un antidépresseur, autrement dit par l’action d’un neuromédiateur, produit un effet réel et souvent nécessaire, mais ne saurait en aucun cas résoudre la question de la causalité psychique de ces troubles. Or c’est là l’enjeu du débat : qu’en est-il de la question de la causalité ?>>

 

 Mais la psychanalyse n’est pas une science et son efficacité ne s’évalue pas avec des critères scientifiques.

 

<<En ce qui concerne les rapports entre psychanalyse et neurobiologie, Freud avait déjà en son temps posé un critère net de différenciation dans l’Abrégé de psychanalyse en 1939.

En effet, il souligne que même si une relation directe existait entre la vie psychique et le système nerveux, « elle ne fournirait dans le meilleur des cas qu’une localisation précise des processus de conscience et ne contribuerait en rien à leur compréhension ».

Cette localisation est justement l’objet de nombreuses recherches en neurosciences, même si elles ne prétendent pas toutes identifier un mécanisme cérébral>>

 

<<Freud a régulièrement pris au sérieux les objections de ses contradicteurs, non seulement pour leur répondre, mais, plus fondamentalement encore, pour construire et renforcer son propre édifice théorique.

Ainsi, il consacre deux articles à cette question dans lesquels il se penche plus particulièrement sur l’hostilité que la psychanalyse suscite. Le premier, intitulé « Une difficulté de la psychanalyse .L’inquiétante étrangeté et autres essais,… », date de 1917 et met en perspective les trois grandes vexations que la recherche scientifique a infligées au narcissisme universel et à l’amour-propre de l’humanité, c’est-à-dire, dans l’ordre chronologique, la théorie héliocentrique du système solaire de Copernic, puis la théorie darwinienne de l’évolution et enfin sa propre théorie de l’inconscient.

Mais la vexation qui lui semble être la plus douloureuse, précisément parce qu’elle est de nature psychologique, est celle qui a montré que « le Moi n’est pas maître dans sa propre maison ».

Il était dès lors prévisible que le Moi, ajoute-t-il, « n’accorde pas sa faveur à la psychanalyse et lui refuse obstinément tout crédit ».

<<Dans un second article, publié en 1925, précisément intitulé « Résistances à la psychanalyse .Freud (1921-1938), Résultats, idées, problèmes II, Paris,… », l’auteur dresse le catalogue de ces résistances que rencontre la jeune science viennoise.

De ces argumentations freudiennes, il découle qu’il appartiendrait en propre à la psychanalyse d’avoir affaire à des résistances, non seulement au sein de la cure elle-même, mais également au cœur du champ intellectuel et scientifique.>>

 

ANNE VR(-_-)XXX

 



29/03/2020
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 82 autres membres